Radio-Canada révélait jeudi que le traitement des nouvelles demandes pour ce type de projet avait été suspendu par Énergie NB jusqu’à nouvel ordre.

Les mines de cryptomonnaie sont très énergivores et dépendent du réseau électrique de la province, ce qui pourrait avoir des répercussions opérationnelles pour la société publique et des répercussions financières potentielles pour les clients actuels, précisait Énergie NB jeudi.

Le député vert et critique en matière de développement économique et de vitalité des territoires, Kevin Arseneau, s’inquiète des répercussions de cette industrie grandissante.

Je suis surpris à quel point il n’y a pas eu beaucoup de réflexion sur cette question au Nouveau-Brunswick. Il y a énormément de questions qui viennent à l’esprit, d’abord environnemental : on fait face à une crise climatique et cette industrie est très énergivore, dit-il.

Photographie aérienne des entrepôts.

Hive Blockchain Technologies compte à Saint-André deux entrepôts de minage de bitcoins en activité, un troisième sera bientôt achevé, et un quatrième en cours de construction (à droite) doit être terminé en 2022.

Photo : Radio-Canada / CBC/Shane Fowler

Le Nouveau-Brunswick semble devenir un territoire de plus en plus alléchant pour les entreprises de cryptomonnaie, qui souhaitent s’installer là où l’électricité est verte et bon marché.

En plus de l’usine de cryptomonnaie de Saint-André au Nouveau-Brunswick, deux autres étaient en développement, à Grand-Sault et à Bathurst, et l’une d’entre elles avait reçu l’aval d’Énergie NB pour se raccorder au réseau.

« Le Nouveau-Brunswick est reconnu pour ouvrir la porte à tout le monde, aussitôt qu’ils nous promettent deux ou trois jobs, sans réfléchir vraiment à l’impact que ça peut avoir. C’est un peu nos régulations « république de bananes ». Il y a un manque d’encadrement au Nouveau-Brunswick. »

— Une citation de  Kevin Arseneau, député du Parti vert

Au Québec, où des mines de cryptomonnaie s’installent depuis plus longtemps, on a déjà réglementé ces entreprises. La province prévoit un bloc limité à 300 mégawatts pour alimenter l’industrie à son réseau, ainsi qu’une disposition permettant à Hydro-Québec d’interrompre la consommation d’électricité de ces industries en période de pointe ou de grand froid, par exemple.

Il y a deux rapports qui doivent être faits pour suivre cette industrie, croit Kevin Arseneau.

Kevin Arseneau répond à des questions dans un couloir de l'Assemblée législative.

Le député vert de Kent-Nord Kevin Arseneau

Photo : CBC / Jacques Poitras

D’une part, la Commission de l’Énergie doit réfléchir à sa capacité de fournir l’électricité d’une façon durable en temps de crise climatique. La deuxième, c’est là la réflexion éthique et la réflexion financière : qu’est-ce que la cryptomonnaie si ça reste non réglementé, est-ce que les gens qui achètent la cryptomonnaie peuvent éviter de payer des impôts, et c’est quoi les impacts qui en découlent sur nos services publics?

Le ministre de l’Énergie du Nouveau-Brunswick, Mike Holland, a décliné nos multiples demandes d’entrevue.

Dans une déclaration écrite, il indique toutefois qu’il comprend qu’Énergie NB évalue actuellement la situation afin de s’assurer que toute décision qui pourrait être prise tienne compte des meilleurs intérêts des contribuables. Nous avons hâte d’en apprendre davantage de la part d’Énergie NB lorsque son analyse sera terminée. D’ici là, nous n’avons rien de plus à dire sur ce dossier.

Mike Holland, le ministre des Ressources naturelles et du Développement de l'énergie.

Mike Holland, le ministre des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie (archives)

Photo : Radio-Canada

Du côté des libéraux, on s’est dit favorable aux initiatives de développement économique, surtout dans les communautés rurales.

Le parti précise, dans une déclaration écrite, qu’il souhaite que le gouvernement se penche sur toute préoccupation environnementale liée au développement de cette industrie, et nous espérons que la Commission des services financiers et des services aux consommateurs continuera de surveiller cette industrie dans l’intérêt des consommateurs.

Le chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, dit pour sa part qu’il n’est pas [assez] familier avec la cryptomonnaie pour parler à ce sujet.

La suspension d’Énergie NB dans le traitement des demandes restera en vigueur jusqu’à ce que l’analyse des impacts sur le réseau électrique et sur sa clientèle soit achevée.

D’après un reportage de Nicolas Steinbach



Reference-ici.radio-canada.ca

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