Selon elle, des membres de sa communauté doivent parfois quitter la région éloignée afin d’obtenir un meilleur diagnostic ailleurs en province.

Elle donne l’exemple d’un aîné qui s’est vu diagnostiquer une tumeur seulement après s’être rendu à Timmins, qui est situé à deux heures en avion de son domicile.

« C’est comme s’ils ne prenaient pas notre peuple au sérieux »

— Une citation de  Charlotte Nakoochee, chef adjointe de la Première nation de Fort Albany

Mme Nakoochee affirme que l’aîné s’était rendu plusieurs fois à la clinique de Fort Albany, mais que l’infirmière n’avait rien trouvé d’anormal.

Charlotte Nakoochee est la cheffe adjointe de la Première Nation de Fort Albany.

Photo : Avec l’autorisation de Charlotte Nakoochee

Il y a quelques semaines, il se trouvait à Timmins pour une autre raison, et comme il ne se sentait pas bien, il a décidé de se rendre au service des urgences d’un hôpital, explique-t-elle.

Il aurait reçu un diagnostic à ce moment-là, affirme-t-elle.

J’ai l’impression que cela aurait pu être pris plus tôt s’ils avaient fait attention, s’ils avaient pris au sérieux ses préoccupations concernant sa santé, ajoute Mme Nakoochee.

Plus de 2000 personnes vivent à Fort Albany et dans la Première Nation Kashechewan voisine, mais ces communautés desservies par avion n’ont pas de médecins à temps plein, un médecin suppléant se déplace dans la communauté environ cinq fois par mois.

Deux semaines pour un rendez-vous

La communauté dispose d’une petite clinique avec quelques infirmières et une infirmière praticienne qui se rend également dans la communauté, mais Mme Nakoochee a déclaré qu’elle manquait de ressources.

Nous ne disposons pas de l’équipement médical adéquat pour diagnostiquer correctement les patients dans la communauté, explique-t-elle.

Selon Mme Nakoochee, il faut parfois jusqu’à deux semaines pour obtenir un rendez-vous chez le médecin. Si un problème grave survient, les patients doivent être évacués à l’aide d’hélicoptères ou d’un avion vers Timmins ou Sudbury.

Alison Linklater

La nouvelle Grande cheffe du Conseil Mushkegowuk, Alison Linklater

Photo : Alison Linklater

Pour Alison Linklater, la nouvelle cheffe du Conseil Mushkegowuk qui représente sept Premières nations crie dans le Grand Nord de l’Ontario, l’accès équitable aux soins de santé pour les communautés est une priorité majeure.

Dans notre culture, nous prenons soin de nos aînés, c’est très, très triste que ce genre de situation se produise, explique-t-elle.

Mme Linklater, une ancienne infirmière, dit qu’elle se mettait en rapport avec les fournisseurs de soins de santé de sa région pour entamer un dialogue pour vraiment trouver des solutions pour réparer nos systèmes de soins de santé à l’échelle locale et régionale.

Un manque de connaissances culturelles

La députée provinciale de Nickel Belt, France Gélinas, croit que l’accès inéquitable aux services de santé dans les Premières Nations éloignées a toujours été un problème au cours de ses 15 ans comme porte-parole du NPD en matière de santé.

La députée France Gélinas dans un studio de radio.

France Gélinas, députée de Nickel Belt et porte-parole du NPD en santé (archives).

Photo : CBC/Roger Corriveau

Mme Gélinas explique que les médecins se rendent habituellement dans les communautés par avion pour de courtes périodes, ce qui fait en sorte qu’ils n’apprennent pas à connaître suffisamment leurs patients ou leur culture.

La députée explique que les médecins et infirmières qui vont [à Fort Albany], c’est souvent des médecins à à forfait, ils vont faire un deux semaines à Fort Albany puis ils n’y retournent pas pendant douze mois.

« [Les médecins et infirmières] manquent souvent ce qu’on appelle les compétences culturelles. »

— Une citation de  France Gélinas, députée de Nickel Belt et porte-parole du NPD en santé

Ce manque de compétences culturelles fait en sorte selon elle que les travailleurs de la santé ne comprennent parfois pas comment les patients décrivent leurs symptômes.

Je sais que les professionnels de la santé formés à l’École de médecine du Nord de l’Ontario sont mieux formés pour obtenir ces compétences culturelles, ajoute-t-elle.

Selon Mme Gélinas, les Premières Nations ont proposé des modèles de soins de santé qui pourraient fonctionner dans leurs communautés, mais ces changements ne sont jamais mis en œuvre.

Au niveau provincial, on dit que c’est une responsabilité fédérale, et le [gouvernement] fédéral répond qu’il faut attendre de voir ce que fait le [gouvernement] provincial, ajoute-t-elle.

Des responsabilités partagées

Selon Services aux Autochtones Canada, les gouvernements fédéral, provincial et territorial partage un certain degré de compétence en matière de services de santé pour les peuples autochtones.

Les peuples autochtones sont inclus dans les allocations de financement par habitant provenant du transfert fiscal fédéral, et ont le droit d’accéder aux services de santé provinciaux et territoriaux assurés en tant que résidents d’une province ou d’un territoire, peut-on lire sur son site internet.

Services aux Autochtones Canada finance ou fournit directement des services aux Premières Nations et aux Inuits qui complètent ceux fournis par les provinces et les territoires, notamment les soins de santé primaires, la promotion de la santé et les prestations de santé complémentaires

Dans un courriel, l’ombudsman des patients de l’Ontario affirme qu’il n’avait actuellement aucune plainte liée à l’accès aux soins de santé dans les Premières Nations éloignées.

Avec les informations de Francis Beaudry et de CBC.



Reference-ici.radio-canada.ca

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