La pharmaceutique québécoise Medicago espère voir son vaccin être utilisé par l’OMS dans le cadre de son initiative de vaccination internationale COVAX.

Or, depuis 2005, l’OMS a une politique très stricte en ce qui a trait aux accords qui peuvent être conclus avec des entreprises ayant un lien fort avec l’industrie du tabac ou les armements. C’est le cas de Medicago, qui a Philip Morris comme actionnaire minoritaire.

Le processus d’approbation est donc suspendu, selon Mariangela Simao, sous-directrice générale de l’OMS et chargée de l’accès aux médicaments et aux produits de santé.

Le siège de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève

Photo : Reuters / Denis Balibouse

Medicago a fait la demande de réception d’une homologation d’urgence, mais en réalité, cette entreprise fait partie, est sous la houlette de Philip Morris International, a indiqué Mme Simao lors d’une rencontre technique. Nous le savons très bien, nous l’avons très bien dit, il y a des politiques très strictes au sein de l’OMS, au sein du système des Nations unies, sur ce qui est des accords que l’on peut conclure avec des entreprises qui ont un lien fort avec l’industrie du tabac ou les armements. Ceci explique la situation.

Il s’agit d’une situation prévisible, selon Gaston De Serres, de l’Institut national de santé publique du Québec.L’OMS a été claire depuis des années qu’un des plus grands tueurs au monde, c’est la cigarette. Ils ont dit de façon très ferme : nous, on n’encouragera aucunement les produits ou les producteurs de produits qui encouragent les cigarettiers. Ça, ce n’est pas nouveau. Medicago a fait le choix d’accepter, il y a quelques années, Philip Morris comme étant un de ses actionnaires en sachant très bien la position de l’OMS.

Pas de confirmation officielle, selon Medicago

La pharmaceutique indique ne pas avoir reçu la confirmation officielle de la suspension de l’approbation de son vaccin par l’OMS.

Notre compréhension est que l’OMS a pris la décision de mettre sur pause l’approbation du vaccin et que cette décision est liée à l’actionnaire minoritaire de Medicago, et non à l’efficacité et la sécurité du vaccin, qui ont été démontrées lors de l’autorisation par Santé Canada. Medicago est d’avis que ces décisions devraient être basées d’abord et avant tout sur la qualité, l’efficacité et la sécurité du vaccin, explique une porte-parole de l’entreprise.

Jean-Yves Duclos.

Jean-Yves Duclos

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Ottawa vante le vaccin

Le ministre de la Santé à Ottawa, Jean-Yves Duclos, compte appuyer la pharmaceutique auprès de l’OMS, qui représente un marché potentiel important pour l’entreprise.

On suit attentivement les travaux de l’Organisation mondiale de la santé et les échanges entre l’OMS et Medicago. Le ministre Champagne et moi-même avons été en contact avec Medicago pour nous assurer que ces relations avec l’OMS se fassent correctement, que le monde entier, peu importe qu’on soit au Canada ou ailleurs, puisse profiter de ce vaccin novateur, explique le ministre Duclos.

Jean-Yves Duclos affirme que les Canadiens pourront utiliser les vaccins de Medicago même si l’Organisation mondiale de la santé devait arriver à la décision qu’elle rejette le vaccin.

Le ministre rappelle que Santé Canada a approuvé le vaccin, qu’il est sécuritaire, et dit avoir espoir que l’OMS va approuver le vaccin. Selon lui, la pharmaceutique doit clarifier les enjeux touchant son actionnariat avec l’OMS.

Trending on Canadian News  The patriot

Au Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) attend l’approbation du Comité d’immunisation du Québec avant de distribuer le vaccin.

Il est trop tôt pour déterminer à quel moment débutera l’administration du vaccin au Québec. Le tout dépendra des avis scientifiques et des livraisons, indique le MSSS.

Avec les informations de Jean-François Blanchet et Gérald Fillion



Reference-ici.radio-canada.ca

Leave a Reply

Your email address will not be published.