Une dame handicapée refoulée à l’hôpital parce qu’elle ne peut porter un masque


Ruthie Ellsworth, 65 ans, résidente de Dunblane à l’Île-du-Prince-Édouard, affirme qu’elle a montré à la gardienne de sécurité à l’entrée une note de son médecin expliquant qu’elle ne peut porter un masque pour des raisons médicales, mais en vain. On lui a dit de sortir.

Selon elle, la gardienne de sécurité a consulté un collègue d’une voix très forte, et ce dernier a lancé qu’elle pouvait sortir si elle ne portait pas de masque.

Mme Ellsworth dit avoir demandé la permission d’attendre à l’intérieur le temps que son mari revienne la chercher, alors qu’il faisait moins 29 degrés Celsius à l’extérieur, mais on lui a dit d’attendre dehors.

Un petit abribus aux parois vitrées.

L’abribus où Ruthie Ellsworth s’est réfugiée. Elle dit qu’elle n’a pu se rendre au fond de l’abri et qu’elle est restée exposée au vent glacial.

Photo : CBC/Wayne Thibodeau

Une fois à l’extérieur, elle a rapidement senti ses doigts s’engourdir. Étant paraplégique, dit-elle, elle ne pouvait sentir comment l’ensemble de son corps se portait. Elle a trouvé refuge dans un abribus où elle était quand même exposée au vent et où elle a attendu son mari pendant environ une demi-heure.

Ruthie Ellsworth précise que l’incident remonte au matin du 11 janvier et qu’elle s’était rendue à cet hôpital pour subir un test. Selon elle, elle s’était rendue plusieurs fois auparavant à l’hôpital de Summerside sans incident.

Ruthie Ellsworth ajoute qu’elle a ensuite appelé le service médical qui lui avait donné le rendez-vous. Selon elle, une employée lui a dit que tout était réglé avec le service de sécurité et lui a présenté plusieurs excuses pour sa mésaventure.

Les procédures sont claires, selon Santé Î.-P.-É.

Le Corps canadien des commissionnaires du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard, qui est chargé de la sécurité à l’hôpital de Charlottetown, ne fait pas de commentaires.

La Régie de santé refuse de parler d’un cas particulier, mais dans une déclaration écrite produite vendredi, elle présente aussi des excuses pour l’expérience que cette femme a connue.

L'entrée de l'hôpital.

Ruthie Ellsworth affirme que les deux membres du service de sécurité qui l’ont refoulée à l’entrée de l’hôpital Queen Elizabeth ont agi sans discrétion et sans compassion.

Photo : CBC/Wayne Thibodeau

Santé Î.-P.-É. explique que les procédures à respecter par le service de sécurité sont claires.

Lorsqu’un patient qui a rendez-vous dit ne pas pouvoir porter un masque, le service de sécurité doit communiquer avec le service médical où le rendez-vous est pris afin d’obtenir des instructions pour que le patient puisse y aller de façon sécuritaire. Habituellement, un membre du personnel médical accompagne le patient afin de minimiser les risques d’exposition aux autres personnes.

Aucune compassion, selon la patiente expulsée

Ruthie Ellsworth est une habituée des hôpitaux. Sa mère, explique-t-elle, a eu la rubéole quand elle était enceinte d’elle, ce qui a entraîné chez elle des déformations aux jambes et aux pieds. Elle dit avoir subi au cours de sa vie 67 opérations chirurgicales aux pieds et 22 aux jambes. Ces dernières ont finalement été amputées.

La note du médecin de Ruthie Ellsworth confirme qu’elle ne peut pas porter un masque parce que cela accentue ses difficultés respiratoires et sa tension artérielle.

Mme Ellsworth souhaite recevoir des excuses officielles de la part des autorités médicales. Elle aimerait aussi que les deux membres du service de sécurité qui l’ont expulsée soient affectés à d’autres tâches. Ils n’ont fait preuve d’aucune compassion à son égard, déplore-t-elle.

D’après un reportage de Wayne Thibodeau, de CBC



Reference-ici.radio-canada.ca

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