Un meilleur climat de travail à TFO depuis l’enquête de Radio-Canada, dit sa PDG


En mai 2021, Radio-Canada a publié une enquête sur le climat de travail toxique à TFO, incluant des allégations de harcèlement, d’intimidation et de conflit d’intérêts visant le PDG par intérim de l’époque, Éric Minoli, et d’anciens membres de la haute gestion.

Michelle Séguin avait été rapidement nommée à l’intérim dans la foulée de cette controverse et le conseil d’administration avait demandé une enquête indépendante, qui est toujours en cours. Mme Séguin a pris officiellement les rênes du groupe cette semaine.

Elle a répondu aux questions de Radio-Canada dans un entretien.

Notre enquête a révélé de graves allégations visant votre prédécesseur et d’autres hauts dirigeants passés de TFO. Vous étiez autour de la table de décideurs durant une partie de cette période. Avez-vous tenté d’intervenir? Ou alors, est-ce que notre enquête était une surprise pour vous?

Je voyais des enjeux ici et là et j’en parlais avec la haute direction.

C’est surtout au chapitre de la gestion des opérations de l’organisation où je voyais des améliorations à faire. Mais c’est vraiment votre article qui a mis au grand jour des choses que je n’avais pas vues.

Qu’est-ce qui se passe avec M. Minoli? TFO dit qu’il est toujours en retrait administratif et qu’une enquête indépendante est toujours en cours. Mais sa photo et son nom demeurent sur le site web de TFO, comme si de rien n’était. Quel message pensez-vous que cela envoie à vos employés, à ses présumées victimes et au public?

L’enquête est encore en cours. C’est le conseil d’administration qui gère ce dossier et je ne suis pas impliquée. Les employés, je crois, mettent ça derrière eux. L’entreprise a fait un virage vers le futur.

On ne continuera pas de revisiter ce qui s’est passé, mais on va continuer de parler de ce qu’on peut faire pour les employés et pour leur futur.

Le ministre de l'Éducation Stephen Lecce, la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney et le président par intérim de Groupe Média TFO Éric Minoli applaudissent lors d'un événement.

Le ministre de l’Éducation Stephen Lecce, la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney et l’ancien président par intérim de Groupe Média TFO, Éric Minoli.

Photo : Facebook/GMTFO

La Guilde canadienne des médias, l’un des syndicats qui représentent les employés de TFO, dit que l’environnement de travail s’est amélioré depuis que vous assurez l’intérim. Quelles mesures avez-vous mises en place?

La première chose que j’ai faite, ça a été de rencontrer tous les employés dans les premières semaines de mon mandat. Je les ai écoutés. Ils m’ont parlé des enjeux qu’ils vivaient dans l’organisation. Je les ai rencontrés en petits groupes et individuellement. Et j’ai fait un rapport au conseil d’administration pour leur dire, voici ce qu’on devrait faire.

Certaines politiques étaient un irritant pour les employés, comme la politique de deuil qu’on a modifié pour que ce soit plus équitable. On a regardé la charge de travail des employés et on a fait des modifications. On a fait un sondage interne et on a préparé un plan d’action. On a fait une formation sur la gestion des différends et les façons de se parler pour résoudre des conflits. On va aussi mieux définir le leadership à TFO et offrir une formation pour les gestionnaires. Je veux aider les gens à devenir de meilleurs leaders.

Le vent a tourné à TFO, c’est vraiment les échos que j’entends des employés.

Il y a eu beaucoup de critiques, depuis plusieurs années, quant à la précarité de l’emploi à TFO. La dépendance de la direction envers les contrats temporaires et les mises à pied ponctuelles. Qu’allez-vous changer?

TFO a beaucoup de difficulté à attirer de la main-d’œuvre francophone à Toronto et à retenir ses employés. Une des choses qui sont importantes pour moi, c’est de donner une stabilité aux employés de TFO et qu’ils aient plus de possibilités de permanence dans l’organisation.

On vient aussi tout juste de moderniser nos studios pour les mettre à jour, c’est un grand investissement qu’on a fait pour que nos contenus éducatifs soient plus engageants pour les jeunes.

On veut vraiment être mieux ancré dans la communauté francophone. C’est l’une des choses qui me tient à coeur. On doit bien comprendre la communauté francophone et ils doivent bien nous comprendre aussi, pour qu’on puisse mieux soutenir cette communauté. On veut continuer de soutenir les enseignants, les parents et les élèves dans l’éducation française, mais aussi continuer d’offrir au public des contenus de culture et d’actualité francophones.

Les propos ont été édités dans un souci de concision.



Reference-ici.radio-canada.ca

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