Sudbury : des élus réclament une révision de la politique sur les services en français


La politique sur les services en français du Grand Sudbury (Nouvelle fenêtre) n’a jamais été mise à jour depuis l’an 2000, lors de sa conception.

Les conseillers Joscelyne Landry-Altmann et René Lapierre déposeront une motion visant à exiger une révision du document lors de la réunion du conseil municipal du mardi 12 avril.

Que la Ville du Grand Sudbury enjoigne à la directrice des communications et de l’engagement communautaire de mener une révision de la politique sur les services en français, peut-on lire dans le texte de la motion déjà disponible en ligne.

Joscelyne Landry-Altmann

Joscelyne Landry-Altmann réclame une révision de la politique des services en français de la Ville du Grand Sudbury.

Photo : Isabelle Fleury

La directrice générale de l’Association des communautés francophones de l’Ontario du grand Sudbury, Joanne Gervais, salue la démarche. Elle avait d’ailleurs demandé aux deux élus de l’entreprendre.

Au cours des deux dernières décennies, dit-elle, elle a observé plusieurs changements positifs du côté de la Ville dans l’offre de services en français.

La Ville est même allée au-delà de ce qui est prescrit par la politique actuelle, illustre Mme Gervais, en évaluant systématiquement tous les postes vacants pour décider s’ils méritent d’être désignés bilingues ou pas.

Joanne Gervais est assise sur une chaise et écrit à l'ordinateur

Joanne Gervais est la directrice générale de l’ACFO du grand Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Certaines clauses ont aussi été ajoutées à des contrats qu’octroie la Ville pour assurer plus de français sur la place publique et d’affichage dans les deux langues officielles, note-t-elle.

« La problématique, c’est que si ce n’est pas par écrit, il n’y a pas de garantie. On doit dépendre de la bonne volonté des gens en place. C’est le temps, c’est le temps. Et pendant qu’on a de l’ouverture, fonçons dans le tas.  »

— Une citation de  Joanne Gervais, directrice générale de l’ACFO du grand Sudbury

Le conseiller municipal René Lapierre abonde dans le même sens.

La politique n’a jamais vraiment eu une bonne révision [afin de] voir si elle fonctionne ou si on a besoin de faire des ajustements , signale-t-il, mais la mise à jour vise aussi à pérenniser les avancées déjà faites.

« D’avoir une politique qui serait intacte, qui serait plus en mots durs avec certaines choses écrites, pour que [l’offre de services en français] se fasse à tout point, pas seulement quand ça tente [la Ville], c’est une bonne chose. »

— Une citation de  René Lapierre, conseiller municipal du Grand Sudbury

Élargir l’offre

Dans la politique actuelle, la Ville du Grand Sudbury s’engage à [tenter] de placer des employés francophones dans les centres de services aux citoyens dans les communautés où il y a une plus forte concentration de résidents francophones.

Au lieu de mettre l’accent sur les postes qui requièrent le bilinguisme, nous assurerons que le Service est en mesure de servir les citoyens en français, peut-on lire dans le document.

Un constat que déplore Andrée-Michelle D’Aoust-Messier.

Même si elle habite tout près d’une piscine municipale, dans un secteur du sud de la ville, elle doit parcourir plus d’une vingtaine de kilomètres pour que ses jeunes enfants aient un accès garanti à des cours de natation en français dans le secteur Val Caron, où habitent de nombreux francophones.

« C’est un peu loin de chez nous […], une garantie de services en français pour les enfants, ce serait idéal. C’est vraiment comme ça que l’enfant apprend à vivre sa culture en communauté. »

— Une citation de  Andrée-Michelle D’Aoust-Messier, résidente de Sudbury et mère de deux enfants
Andrée-Michelle D'Aoust-Messier regarde l'objectif de la caméra

Andrée-Michelle D’Aoust-Messier souhaite voir une garantie de services en français dans tous les centres de service aux citoyens du Grand Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Et René Lapierre partage cette observation. Il admet qu’on a une pénurie et un besoin d’augmenter les gens qui sont capables de parler et offrir des services en français, mais pense qu’il existe des employés municipaux capables de communiquer en français sans que leur employeur — la Ville du Grand Sudbury — n’en soit nécessairement au courant.

Je pense qu’il y en a qu’on n’a jamais identifié, car les postes pour lesquels ils ont été embauchés dans le passé n’étaient pas des postes identifiés comme francophones ou francophiles, note M. Lapierre.

Donc je pense que ça, ça serait une autre partie de notre étude, de voir combien de membres du personnel on a qui sont francophones, bilingues, fait savoir le conseiller municipal.

Montrer l’exemple

En mettant à jour sa politique sur les services en français, la Ville du Grand Sudbury enverrait un signal fort pour le restant de la communauté, les commerçants, les organismes anglophones, croit Joanne Gervais.

« Si la Ville montre l’exemple, ça va être plus facile de discuter avec ces gens-là et d’améliorer les services en français en général. Mais si on a une Ville qui n’est pas fière ou qui n’est pas chef de file dans l’offre de services en français, c’est difficile de convaincre le commerçant anglophone qu’il y a une valeur à ce service-là en français.  »

— Une citation de  Joanne Gervais, directrice générale de l’ACFO du grand Sudbury

Pour le résident de Sudbury, Roby Joseph, d’origine haïtienne, si le Grand Sudbury est doté de la désignation de communauté francophone accueillante, il faut que ça se prouve.

Roby Joseph porte des lunettes et une chemise bleue

Roby Joseph est un résident de Sudbury d’origine haïtienne.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Il aide souvent des compatriotes nouvellement arrivés dans la ville du Nickel à entreprendre une série de démarches administratives auprès de la Ville, mais n’arrive pas toujours à se faire servir en français.

« Une déclaration pareille, ça paraît partout au Canada, même à travers le monde. Ça indique que Sudbury est une grande ville accueillante, […] mais quand les gens viennent, ils doivent vraiment voir la différence entre ce qui est dit et ce qui existe vraiment.  »

— Une citation de  Roby Joseph, résident de Sudbury

Si la motion est adoptée mardi, la directrice des communications de la Ville devra fournir un rapport contenant des recommandations au deuxième trimestre de 2023, une échéance dictée par le temps qu’il faut à [la fonctionnaire] pour faire une bonne consultation, selon René Lapierre.

Il se dit optimiste quant à l’adoption de la proposition par le reste de ses collègues.

On demande un rapport, pas de changer la politique mardi. Je pense que la plupart des conseillers voudraient avoir une mise à jour.



Reference-ici.radio-canada.ca

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