Redécouvrir Anne Frank à Iqaluit


Prévue pour 2020, puis décalée à cause de la pandémie, l’exposition Apprendre avec Anne Frank arrive finalement à Iqaluit et y restera jusqu’en septembre.

Conçue pour un public plutôt jeune, selon Julie Couture, la coordonnatrice des projets canadiens de la Maison Anne Frank, aux Pays-Bas, l’exposition fait partie d’un projet de plus grande taille présenté au Canada depuis 2011.

L’histoire de la jeune juive allemande a déjà visité le Québec, l’Ontario, le Manitoba, l’Alberta, la Colombie-Britannique et le Yukon dans une version un peu plus étoffée.

À Iqaluit, le public a l’occasion d’en apprendre un peu plus sur Anne Frank grâce à trois grands panneaux traduits entièrement en inuktitut. Ils sont accompagnés par trois objets.

On a un modèle 3D de la maison Anne Frank, on a un modèle 3D de l’annexe secrète, l’endroit où ils se sont cachés, et on a un fac-similé ou une réplique du journal d’Anne Frank.

Le tout est accompagné d’une vidéo de cinq minutes, également en inuktitut parlé. C’est important, pour nous, parce qu’on sait que dans les communautés inuit, la tradition orale est importante.

Le musée Nunatta Sunakkutaangit a puisé dans ses archives pour ajouter des textes tirés de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, ainsi que le témoignage écrit d’une femme qui ramassait des os pendant la Deuxième Guerre mondiale pour participer à l’effort de guerre, en lien avec l’exposition.

L'entrée d'un musée à Iqaluit.

L’exposition traduite en Inuktitut « Apprendre avec Anne Frank » est présentée au musée Nunatta Sunakkutaangit d’Iqaluit.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

L’idée de traduire le contenu dans la langue inuit est née en 2017, quand une enseignante du Nunavik s’est montrée intéressée à faire venir l’exposition dans sa région, pour ses élèves. Julie Couture a alors choisi de rendre le matériel accessible en créant une version en Inuktitut, mais a perdu le contact avec l’enseignante.

En 2019, le musée d’Iqaluit a montré de l’intérêt pour amener Apprendre avec Anne Frank, même si la langue parlée au Nunavut n’est pas tout à fait la même que celle parlée au Nunavik.

Établir des parallèles

Le veille de l’ouverture officielle de l’exposition, 180 élèves d’Iqaluit sont venus faire un tour au musée et, selon Julie Couture, ils avaient déjà de bonnes connaissances de base sur l’histoire d’Anne Frank.

Pour elle, la présentation du projet au Canada revêt une importance particulière à cause de certains thèmes communs aux histoires des juifs de la Deuxième Guerre mondiale et des Autochtones depuis la colonisation.

« J’ai vu des survivants de la Shoah parler avec des survivants des pensionnats et les deux personnes se rejoignaient sur certains thèmes. »

— Une citation de  Julie Couture, coordinatrice des projets canadiens de la Maison Anne Frank aux Pays-Bas
Un panneau et un modèle 3D présentant la maison dans laquelle Anne Frank a été cachée pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’exposition Apprendre avec Anne Frank se compose de panneaux en Inuktitut sur l’histoire de la jeune fille.

Photo : Avec la permission de Julie Couture

Elle pense qu’en plus de permettre de faire connaître le passé pour faire en sorte qu’il ne se reproduise pas, l’exposition peut inciter les jeunes à agir lorsqu’ils voient des mécanismes de discrimination à petite échelle.

Mme Couture souhaite aussi que cela permette aux jeunes de comprendre à quel point leur histoire est importante. On devrait les écouter davantage, car ils ont beaucoup de choses à nous dire et écouter les histoires personnelles dans nos communautés pour être ouverts.

À l’avenir, Julie Couture aimerait travailler avec des partenaires autochtones pour partager ces histoires. Pour moi, être ici, à Iqaluit, c’est un peu comme un premier pas vers ces communautés-là pour essayer d’avoir des projets encore plus d’envergure.

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Reference-ici.radio-canada.ca

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