Nouveaux bombardements russes sur Kiev, une ville désormais « assiégée » | Guerre en Ukraine


Dans la nuit de dimanche à lundi, l’armée de l’air ukrainienne a annoncé que des avions russes tentaient de bombarder les positions défensives ukrainiennes dans la région de Kiev. La capitale est désormais une ville en état de siège, selon les mots d’un conseiller du président ukrainien.

Les évacuations doivent se poursuivre lundi dans la région de la capitale. Pour sa part, le Kremlin fait savoir lundi qu’il n’excluait pas la possibilité de prendre le contrôle total des grandes villes du pays.

Deux soldats tiennent un brancar ensanglanté.

Des soldats participent à l’évacuation de civils à Irpin, en banlieue de Kiev, le 13 mars 2022.

Photo : afp via getty images / Dimitar Dilkoff

Dans la capitale elle-même, une frappe contre un immeuble résidentiel a fait au moins deux morts et 12 blessés, ont indiqué les secours ukrainiens lundi matin.

Sur leur compte Telegram, les services d’urgence ukrainiens ont indiqué qu’un bâtiment de huit étages du quartier d’Obolon, dans le nord, avait été touché à l’aube vraisemblablement par un tir d’artillerie, causant un incendie qui a depuis été maîtrisé par les pompiers.

L’usine d’aérospatiale Antonov située dans la capitale a elle aussi été la cible de tirs russes, selon le gouvernement municipal. Des fragments de missile sont tombés sur la route dans le district de Kourenivka, faisant un mort et six blessés, a précisé la mairie.

Des athlètes canadiens qui tiennent des drapeaux du Canada.

La capitale de l’Ukraine, Kiev, est désormais « une ville en état de siège ». Les détails avec Aimée Lemieux.

À Tchernobyl, à quelques 130 kilomètres au nord de Kiev, les craintes concernant la sécurité de l’ancienne centrale nucléaire continuent s’accumuler. La centrale serait de nouveau coupée du réseau électrique, selon le régulateur.

Aussi, le personnel qui gère les complexes de déchets radioactifs a arrêté de procéder aux réparations de sécurité en raison de l’épuisement, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AEIA), qui en a été informée par les autorités ukrainiennes.

Le personnel à (Tchernobyl) ne procède plus aux réparations et à la maintenance de l’équipement lié à la sécurité, en partie du fait de leur fatigue physique et psychologique après avoir travaillé sans arrêt depuis trois semaines, a confirmé l’agence, sans plus de détails.

Il semble que le personnel en question n’a pas été relevé depuis que les troupes russes ont pris le contrôle de la centrale.

Notre dossier Guerre en Ukraine

Une femme enceinte et son bébé meurent

Le bilan des victimes, dont certains jonchent les rues de villes, est impossible à vérifier.

Au moins 596 civils ont été tués, selon le dernier décompte des Nations unies, mais cette estimation sans doute très inférieure à la réalité, prévient-on .

À Marioupol seulement, ville assiégée du sud du pays, les autorités locales affirment que plus de 2000 civils ont perdu la vie. Une femme enceinte, blessée la semaine dernière dans l’attaque d’un hôpital pédiatrique, et dont la photo avait ému la planète, est morte. Son bébé, accouché par césarienne, n’a pas survécu non plus.

Une femme est évacuée sur une civière par des hommes au milieu de décombres.

Une femme enceinte blessée est évacuée de l’hôpital pédiatrique de Marioupol.

Photo : La Presse canadienne / AP/Evgeniy Maloletka

Leur décès s’ajoute au dernier bilan fourni par l’Fonds des Nations unies pour l’enfance, qui fait état de 31 attaques contre les installations de soins de santé, faisant au moins 12 morts et 34 blessés.

Un missile à sous-munition lancé sur Donetsk?

Les séparatistes prorusses de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, ont affirmé lundi qu’un missile ukrainien avait causé la mort d’au moins 16 personnes et fait une vingtaine de blessés dans le centre de cette grande ville industrielle, habituellement épargné par les combats.

Sur son compte Telegram, la défense territoriale de Donetsk a publié des photos montrant plusieurs corps ensanglantés gisant dans une rue, au milieu de débris. Un minibus aux vitres brisées est également visible.

Selon la défense territoriale de Donetsk, les défenses antiaériennes des séparatistes ont intercepté un missile ukrainien Totchka dont les débris ont ensuite fauché les victimes.

Le chef des séparatistes de Donetsk, Denis Pouchiline, a affirmé à la télévision russe qu’il s’agissait d’un missile contenant des sous-munitions, interdites par plus d’une centaine de pays dans le monde, mais pas par la Russie ni l’Ukraine.

Défendre l’OTAN contre toute attaque, même accidentelle

Par ailleurs, une attaque menée dans la nuit de samedi à dimanche contre la base militaire de Yavoriv, à seulement une vingtaine de kilomètres de la Pologne, pays membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord et de l’Union européenne, continue de faire réagir lundi.

Le conseiller national pour la sécurité des États-Unis, Jake Sullivan, a prévenu dimanche que l’Organisation du traité de l’Atlantique nord répondra avec toute sa force à toute attaque sur son territoire, même si celle-ci est accidentelle.

À l’émission Face the Nation, il a affirmé que le président Joe Biden a été clair sur le fait que les États-Unis travailleront avec leurs alliés pour défendre chaque pouce du territoire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, et ça veut dire chaque pouce.

C’est notamment à cette base qu’arrive une partie de l’aide militaire livrée par les pays occidentaux à l’Ukraine depuis son invasion par la Russie, le 24 février. Moscou a déjà prévenu que ces convois d’aides militaires sont considérés comme des cibles légitimes.



Reference-ici.radio-canada.ca

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