Le maire d’Ottawa Jim Watson déclare l’état d’urgence dans la capitale canadienne en raison des manifestations importantes qui s’y déroulent depuis dix jours. La police durcit le ton à l’endroit des manifestants, qui sont toujours enthousiasmés sur les réseaux sociaux.

Publié à 16h28
Mis à jour à 18h00

Lila Dussault

Lila Dussault
La Presse

« Aujourd’hui, 6 février, Maire Jim Watson a déclaré l’état d’urgence pour la Ville d’Ottawa en raison des manifestations continue », a annoncé la Ville d’Ottawa par sur Twitter dimanche après-midi.

Dans un communiqué, la Ville d’Ottawa précise que la déclaration de cet état d’urgence « reflète le danger grave ainsi que la menace à la sûreté et à la sécurité des résidants » causée par les manifestations. Elle souligne également le « besoin de soutien de la part d’autres administrations et ordres de gouvernement ».

Selon la Ville, l’état d’urgence permettra plus de souplesse de la partie de la municipalité pour assurer les services essentiels aux résidants. La déclaration d’état d’urgence permettra également d’acheter l’équipement nécessaire aux policiers, ambulanciers et autres travailleurs de première ligne, grâce à un processus d’approvisionnement « plus flexible ».

  • PHOTO SIMON SÉGUIN-BERTRAND, LE DROIT

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Des centaines de contraventions

Le Service de police d’Ottawa (SPO) a aussi durci le ton à l’endroit des manifestants dimanche en annonçant que le ravitaillement des manifestants était désormais interdit. « Toute personne tentant d’apporter du matériel de soutien (essence, etc.) aux manifestants sera passible d’arrestation », a gazouillé le SPO dimanche après-midi.

Par ailleurs, 450 contraventions ont été remises depuis samedi à des manifestants pour des raisons variées, allant du bruit excessif, au non-respect de la signalisation et au permis de conduire suspendu, selon le dernier bilan du SPO publié à 11 h dimanche. Les policiers ont aussi donné suite à 650 appels en lien avec les manifestations depuis leurs débuts.

« Au cours de la nuit [de samedi à dimanche]les manifestants se comportèrent de façon extrêmement perturbatrice et illégale, occasionnant des risques en matière de sûreté publique et une détresse inadmissible aux résidents d’Ottawa », détaille le SPO dans un communiqué.

Samedi, la police d’Ottawa a annoncé que 50 infractions criminelles, dont 11 pour des crimes haineux, feront l’objet d’enquêtes jusqu’à présent. Des accusations ont été portées contre quatre personnes.

Pertes financières

La plateforme de sociofinancement GoFundMe a annoncé samedi que les 10 millions de dollars amassés pour le « convoi de la liberté » ne seraient pas distribués aux organisateurs de l’événement. Au contraire, les fonds seront remboursés aux donateurs en 7 à 10 jours, selon un communiqué.

« GoFundMe soutient les manifestations pacifiques, et nous croyons que c’était l’intention de la levée de fond « Freedom Convoy 2022 », lorsqu’elle a été créée », a indiqué la plateforme dans un communiqué samedi. La manifestation se transformerait toutefois en « occupation », avec de la violence et autres activités illicites.

L’une des organisatrices de la manifestation, Tamara Lich, a réagi dans une vidéo vendredi pour annoncer un nouveau site officiel de dons, le GiveSendGo, basé aux États-Unis.

Des communautés autochtones en désaccord

Les communautés anichinabées de Pikwakanagan et de Kitigan Zibi ainsi que le Conseil tribal de la Nation algonquine Anishinabeg se sont établis en désaccord avec le convoi de camionneurs et leurs supporteurs dans un communiqué de presse publié mercredi.

« Pour ceux qui participent à ces actions, la nation [anichinabée] dénonce la mise sur pied d’un tipi, d’une cérémonie de pipes et d’un feu sacré dans le parc de la Confédération », précise le communiqué. « La nation [anichinabée] n’a pas donné son consentement pour ces pratiques cérémonielles. »

Une effervescence sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, les supporteurs du mouvement se sont toujours manifestés. « Les camionneurs, bénévoles, organisateurs, policiers, les gens TOUS SONT TOUT SIMPLEMENT INCROYABLES », a lancé samedi une manifeste qui revenait d’Ottawa sur le groupe Facebook « Convoi de la liberté 2022 ». « On s’est tellement bien occupé de nous, quand c’est nous qui y allions pour les supporter lolll DE L’AMOUR ET ENTRAIDE EN VEUX TU EN VLA, poursuit-elle. Ce matin j’en suis encore émue. »

« Tu as parfaitement raison, répond un autre internaute. Voir tous ces sourires sur le visage des gens… c’était tellement un renforcer d’énergie [in]croyable. BRAVO à tous ! »

Par ailleurs, un homme appelé @Maks_Charland sur Instagram a aussi choisi de courir de Chambly à Ottawa pour soutenir le mouvement. Parti mercredi, il est arrivé dimanche dans la capitale du Canada.

Avec La Presse Canadienne




Reference-www.lapresse.ca

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