Les Premières Nations célébrées au Centre Bell pour le match du Canadien


On est très fier de vous avoir ici ce soir, ça fait partie de plusieurs initiatives d’inclusion que nous faisons, a indiqué d’emblée Geoff Molson en conférence de presse avant la rencontre. Ce soir, c’est la communauté autochtone qu’on va reconnaître et qu’on va supporter, a-t-il dit.

La communauté autochtone est importante pour nous, nous sommes des alliés […] et on est fier de vous accueillir ce soir pour une petite étape dans un processus qu’on espère qui va durer longtemps, a déclaré M. Molson, avant de noter que d’autres initiatives comme celle-ci auront lieu dans le futur. Ce n’est pas un processus qui va s’arrêter : c’est un processus qui va continuer, a-t-il dit, sans toutefois préciser de quelle manière les Premières Nations seront impliquées avec le Club de hockey Canadien.

Ça me fait extrêmement plaisir d’être ici, au nom des chefs qui sont ici, a déclaré le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) Ghislain Picard. Il a reconnu qu’il y a de nombreux enjeux sur le plan politique pour les Premières Nations, et ça nous prend toutes les alliances possibles, c’est comme ça que je vois cette soirée exceptionnelle.

Portrait de Ghislain Picard.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, croit avoir trouvé un allié dans le chemin vers la réconciliation avec le Club de hockey Canadien.

Photo : Radio-Canada / Charles-Émile L’Italien-Marcotte

Il a mentionné que bien souvent, nous retournons dans nos communautés déçus, alors je pense que ce soir […] nous sommes tous dans la même équipe […] pour un rapprochement entre les gens a poursuivi M. Picard.

« Peu importe l’issue de la rencontre de ce soir, dans mon esprit et dans mon cœur, les Canadiens de Montréal seront les gagnants ce soir. »

— Une citation de  Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador

Je suis honorée d’être ici […] et que notre communauté soit reconnue de cette façon, a dit pour sa part la cheffe du Conseil mohawk de Kahnawake, Jessica Lazare. Il y a beaucoup d’éducation à faire. [La célébration de ce soir] est un petit pas, mais un pas dans la bonne direction, a-t-elle mentionné.

Tous les territoires portent une histoire, a renchéri M. Picard. Ce que font les Canadiens de Montréal, c’est de porter l’histoire au présent, a-t-il reconnu.

Des chefs autochtones heureux et émus

Je suis extrêmement ému de constater que les Canadiens de Montréal relèvent le défi de prendre la place publique et de signifier [leurs] intentions dans la grande question de la réconciliation, a rappelé Ghislain Picard. Pour moi, c’est extrêmement énergisant comme geste. Il faut que ça résonne non seulement dans l’ensemble des communautés, mais à travers le pays.

Je suis ravi de voir une initiative en faveur du rapprochement, du mieux-vivre ensemble et de la réconciliation, a indiqué le chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa.

« Je pense qu’on est là pour bâtir une société beaucoup plus inclusive, qui se connaît mieux, qui se comprend mieux et qui s’accepte mieux. »

— Une citation de  Paul-Émile Ottawa, chef du Conseil des Atikamekw de Manawan

C’est un moment historique et important […] c’est un premier pas sur la route d’un long portage qu’on va faire ensemble, a illustré le chef du Conseil des Innus d’Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho. L’esprit d’engagement que les Canadiens viennent de faire va peut-être inciter d’autres entreprises à les suivre vers une réelle réconciliation avec les Premières Nations, car il y a encore beaucoup de racisme et de discrimination, et si ça peut aider, a-t-il ajouté.

Portrait de Jean-Charles Piétacho.

Le chef du Conseil des Innus d’Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho, souhaite que d’autres entreprises suivent les traces du Canadien de Montréal pour éliminer le racisme et la discrimination dont sont victimes les Autochtones.

Photo : Radio-Canada / Charles-Émile L’Italien-Marcotte

Nous avons besoin d’une meilleure reconnaissance dans la participation des Autochtones, a pour sa part affirmé le chef Dylan Whiteduck de la communauté anichinabée de Kitigan Zibi. Ce territoire appartient à un peuple des Premières Nations, et nous n’avons jamais cédé ce territoire, s’est-il désolé. Selon lui, le Canadien de Montréal fait le bon geste cependant, même s’il faut davantage de dialogue.

Un chandail orange pour l’échauffement

Pendant la période d’échauffement, les joueurs du Tricolore ont porté des chandails oranges spécialement conçus par l’artiste mohawk Thomas Deer. Ils seront vendus durant un encan, et les fonds amassés seront versés à la Fondation Nouveaux Sentiers, qui a pour mission d’aider les jeunes issus des Premières Nations.

Gros plan sur un chandail orange avec le logo du Canadien de Montréal.

Le chandail que portaient les joueurs du Canadien durant la période d’échauffement a été créé par l’artiste mohawk Thomas Deer.

Photo : Club de hockey Canadien inc. / Vitor Munhoz

Pour notre organisme, c’est extraordinaire [parce que les Canadiens] ont décidé d’appuyer les camps de la Fondation. Ce sont des camps qui sont spécifiquement développés pour nos jeunes, où la culture, le sentiment d’appartenance et l’identité sont au cœur de tout ce qu’on fait, a indiqué la directrice générale de la Fondation Nouveaux Sentiers, Marie-Claude Cleary. Cet été, on va pouvoir offrir de plus en plus de camps pour nos jeunes avec ces dons-là, c’est magnifique, s’est-elle réjouie.

Le hockey est quelque chose de très important pour les Premières Nations, a reconnu le fondateur de Puamun Meshkenu, le Dr Stanley Vollant, qui faisait partie des dignitaires autochtones qui assistaient au match. C’est un sport qui a été créé par les premiers peuples que les colons ont adopté. Pour nous, c’est une symbolique, a-t-il déclaré.

Portrait du Dr Stanley Vollant.

Le Dr Stanley Vollant espère que l’initiative du Club de hockey Canadien pour honorer les Premières Nations sera reprise.

Photo : Radio-Canada / Charles-Émile L’Italien-Marcotte

« Permettre aux jeunes d’aller au bout de leurs rêves, c’est gagnant-gagnant, et j’espère que les Canadiens vont refaire cette activité d’année en année, c’est beau une fois, mais c’est dans la durée que c’est encore plus important. »

— Une citation de  Dr Stanley Vollant

Une victoire pour célébrer les Premières Nations

Avant la partie, l’organisation du Canadien de Montréal a diffusé une vidéo de son gardien autochtone Carey Price, qui est originaire d’Anahim Lake en Colombie-Britannique et membre de la Première Nation Ulkatcho.

« Bienvenue à tous pour la célébration de notre culture […] pour célébrer non seulement notre passé, mais aussi notre futur, et je suis fier comme Autochtone de célébrer notre héritage. »

— Une citation de  Carey Price, gardien de but du Canadien de Montréal

L’avant-match a culminé avec l’hymne national, qui a été chanté par Pakesso Mukash en trois langues, soit le cri, le français et l’anglais. J’étais très fier, mais nerveux, mais aussitôt que j’étais sur le tapis, je me suis calmé, j’ai demandé aux Ancêtres d’être avec moi [pour] rendre justice à l’hymne national, a-t-il dit. Je voulais en faire une fierté autant pour les Autochtones que les Québécois [et] c’était tellement une belle réussite ce soir, c’est un bon feeling le Centre Bell, s’est-il exclamé.

Pakesso Mukash chantant l'hymne national au Centre Bell.

Avant la rencontre, Pakesso Mukash a chanté l’hymne national dans trois langues, soient le cri, le français, et l’anglais, et il s’est dit « très fier » de sa performance.

Photo : Club de hockey Canadien inc. / Francois Lacasse

L’annonce de l’alignement de départ des joueurs du Canadien a été faite par Tatiana Jourdain-Rock, une jeune ambassadrice de l’organisme Puamun Meshkenu fondé par le Dr Vollant.

Et durant tout le match, l’ambiance musicale a été assurée par le platiniste et producteur anichinabé Lesley Boulanger, alias Boogey The Beat.

Une soirée qui a été parfaite sur toute la ligne, car le Tricolore a battu les Maple Leafs de Toronto 4-2.



Reference-ici.radio-canada.ca

Leave a Comment