La directrice adjointe de l’École primaire R.F. Morrison à Winnipeg,  Oksana Kosteckyj, observe que la présence de plusieurs élèves ukrainophobes dans l’établissement facilite déjà l’intégration des nouveaux arrivants ukrainiens. Son école s’appuie donc sur cet environnement.

On peut voir que [la situation est] nouvelle pour eux, mais le fait qu’il y ait des ukrainophones autour d’eux les rend souriants, note Mme Kosteckyj.

Avec cet environnement accueillant en termes de langue et de culture, vous pouvez simplement voir le soulagement chez eux – et chez leurs parents […] sachant qu’ils viennent dans une école qui peut soutenir l’éducation de leurs enfants, mais aussi les soutenir en termes de langue et de culture. 

Au Manitoba, une dizaine d’écoles offrent un programme bilingue ukrainien-anglais, et l’École R.F. Morrison compte le plus grand nombre d’inscriptions.

D’ailleurs, l’établissement a jumelé les nouveaux arrivants récents avec des pairs canadiens parlant ukrainien qui les guident dans leurs cours quotidiens. Selon Mme Kosteckyi, cette approche aide beaucoup les enfants à traverser toutes sortes de difficultés.

Une autre stratégie consiste à lancer un programme parascolaire pour que ces enfants puissent socialiser, être ensemble, inviter des amis, explique-t-elle.  

Au mois de mai, le Manitoba prévoit l’organisation d’une journée de développement professionnel pour tous les enseignants ukrainiens bilingues du Manitoba. Une session spécifique sera dirigée par un conseiller pour parler de la façon de reconnaître les traumatismes, de soutenir les traumatismes et d’avoir une pratique tenant compte des traumatismes à l’école

À l’automne, il est prévu que le conseiller revienne pour une autre session destinée à ceux qui enseignent en ukrainien, ainsi qu’à ceux qui enseignent en anglais. 

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Profiter des ressources existantes

À Saskatoon, les écoles sont encouragées à collaborer avec les fournisseurs de services d’établissement des nouveaux arrivants.  Au Canada, il existe le Programme d’aide à l’établissement dans les écoles (SWIS) qui aident les familles nouvellement arrivées au pays. Ces programmes sont utiles pour les inscriptions des enfants dans les écoles et pour les services linguistiques dans les écoles.

La coordinatrice du programme à Saskatoon, Maryam Karimi, encourage les écoles à profiter davantage de ces ressources.

Les écoles font de leur mieux la plupart du temps, j’en suis conscient. Mais il y a définitivement des lacunes , indique-t-elle.

Les travailleurs de l’établissement sont un pont entre les écoles et les familles, soutient Mme Karimi. 

Un nécessaire travail d’ouverture culturelle

La chercheuse et instructrice à la Faculté d’éducation de l’Université Brock à St. Catharines, en Ontario, Snežana Ratković croit que les enseignants devraient écouter activement les élèves réfugiés et apprendre d’eux. Selon elle, ils doivent aussi éviter les préjugés.

Apprendre à parler et à écrire en anglais est une priorité, dit-elle, mais les enseignants ne devraient pas être obsédés par le manque d’anglais chez les élèves réfugiés.

Elle encourage les éducateurs à trouver des moyens de mettre en valeur ou de reconnaître les forces d’un nouvel arrivant, notamment en utilisant des moyens d’expression et d’apprentissage non verbaux. Par exemple, les arts visuels, la musique, la photographie ou la narration numérique.

Il ne s’agit pas seulement de lire et d’écrire l’anglais, il s’agit de s’exprimer, de s’engager de différentes manières. 

Par ailleurs, elle suggère aux écoles de tendre la main aux familles et aux groupes communautaires et d’établir des partenariats avec eux.

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C’est essentiel, car les élèves doivent se reconnaître dans le programme d’études [et] dans la classe pour pouvoir développer un sentiment d’appartenance. Et sans ce sentiment d’appartenance, il est vraiment difficile de faire quoi que ce soit d’autre – d’enseigner ou d’apprendre, mentionne-t-elle.

La chercheuse souhaite également qu’il y ait davantage de discussions nationales et de partage d’informations sur les initiatives, les méthodes et les politiques en matière d’éducation, ainsi que sur les choses formidables que les gens font dans les différentes provinces pour soutenir les élèves réfugiés.

Depuis la mise en place à la mi-mars d’un programme d’urgence autorisant les Ukrainiens à venir au Canada en tant que résidents temporaires, le Canada a approuvé plus de 56 000 dossiers sur les 164 000 demandes qu’il a reçues.

Depuis le début de l’année, plus de 19 000 citoyens ukrainiens ou résidents permanents canadiens d’origine ukrainienne sont arrivés, selon l’Agence des services frontaliers du Canada.

Avec les informations de Jessica Wong



Reference-ici.radio-canada.ca

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