Paul Long, propriétaire de la boutique vancouvéroise Anian, souhaite changer la donne. Il a donc fait de la laine usagée son fonds de commerce en donnant vie à de nouveaux vêtements.

Anian utilise notamment, pour ses créations, le tissu recyclé obtenu de vêtements envoyés à la décharge ou encore dans des centres de récupération ou de vêtements de seconde main destinés à l’Asie du Sud-Est ou l’Afrique qui passent par Vancouver.

Un homme assis dans un tas de vêtements usagés.

Un homme trie les chiffons de laine usagés par couleur en Italie, dans l’une des installations où Anian, une marque de vêtements établie en Colombie-Britannique, s’approvisionne en laine.

Photo : Anian

Rien qu’en 2020, M. Long estime avoir évité l’enfouissement de 136 tonnes de déchets textiles à l’étranger, ce qui équivaut environ au poids d’une baleine bleue.

Pour Paul Long, le modèle de son entreprise est un pas en avant vers la réduction des déchets textiles, mais il est possible d’en faire beaucoup plus.

Réduire, réparer, donner

Les déchets textiles augmentent en grande partie en raison de l’augmentation des ventes de vêtements bon marché et de la tendance à la consommation éphémère, qui fait que de plus en plus de vêtements sont jetés.

Selon la Ville de Vancouver, les gens achètent en moyenne trois fois plus de vêtements que dans les années 1980.

Chaque année, les résidents de la région métropolitaine de Vancouver jettent environ 20 000 tonnes de textiles, ce qui équivaut au poids de 44 t-shirts par personne, explique Karen Storry, ingénieure principale de Metro Vancouver.

Une grande partie de ces déchets pourrait cependant être utilisée, notent les responsables municipaux. Pour sensibiliser la population à cette question, Metro Vancouver lance, pour une quatrième année consécutive, sa campagne Think Thrice (pensez-y à trois fois).

Des vêtements.

Plus de 900 tonnes de chiffons fabriqués à partir de vêtements usagés sont expédiées chaque année à travers le Canada depuis Trans-Continental Textile Recycling à Surrey, en Colombie-Britannique.

Photo : CBC/Shawn Foss

À travers cette initiative, le district souhaite encourager les résidents à réduire la quantité de vêtements qu’ils achètent, à réparer ceux qu’ils ont et à faire des dons au lieu de jeter les vêtements.

Dans toute la région, plus de 40 installations recueillent les vêtements déchirés, tachés ou usés, selon la base de données Metro Vancouver Recycles.

L’une des six installations de ce type est Trans-Continental Textile Recycling, à Surrey, qui passe quotidiennement au crible plus de 18 tonnes de vêtements provenant de boîtes de collecte ou de friperies, selon la fondatrice de l’endroit, Patricia Penrose.

Parmi les matériaux récupérés par l’installation, plus de 900 tonnes par an sont transformées en chiffons et vendues dans tout le Canada, précise Mme Penrose. La plupart des textiles sont cependant vendus sur des marchés étrangers.

Un manque d’infrastructures

Les critiques affirment que l’envoi de vêtements non désirés vers des marchés étrangers ne constitue pas une solution satisfaisante au problème des déchets textiles.

Nous ne faisons que déplacer le problème vers d’autres personnes, déplore Sara Blenkhorn, qui travaille avec le Leverage Lab afin d’aider les entreprises à améliorer leur impact social et environnemental.

Bien que certains signes indiquent que les gouvernements prennent le problème au sérieux en offrant des options d’élimination plus durables, certaines personnes des industries du recyclage et du textile affirment que le Canada ne dispose toujours pas d’une grande partie de l’infrastructure nécessaire pour réutiliser correctement les vêtements.

Un homme.

Les experts de l’industrie textile affirment que le Canada dépend fortement des installations de recyclage à l’étranger. Sur cette photo, un homme transforme la laine usagée en nouveau matériau en Italie.

Photo : Anian

Selon Mme Blenkhorn, la technologie permettant de décomposer et de recycler les textiles usagés au Canada n’existe tout simplement pas encore.

Il n’y a pas de ressources à grande échelle pour déboutonner les vêtements, ouvrir les fermetures à glissière, puis décomposer mécaniquement ou chimiquement les fibres et les réutiliser.

Ces machines sont coûteuses. Et les processus prennent du temps, ajoute-t-elle.

L’ingénieure Karen Storry encourage les résidents à penser davantage à acheter des vêtements d’occasion, tandis que Mme Blenkhorn suggère d’organiser des échanges de vêtements ou de créer des cafés-réparation pour réparer les vêtements endommagés.

Mme Blenkhorn ajoute que les détaillants pourraient organiser des programmes de reprise, dans le cadre desquels ils accepteraient les vêtements usagés et les transformeraient en nouveaux produits.

Je pense que toutes ces forces vont exercer une pression sur notre capacité à développer localement des marchés viables pour ces vêtements, afin que nous n’ayons pas à les envoyer ailleurs, poursuit-elle.

Avec les informations de Baneet Braich



Reference-ici.radio-canada.ca

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