Les coulisses du déneigement d’un aéroport régional | Fureteur nord-ontarien


Trois employés à temps plein, une flotte qui compte une déneigeuse à balai, deux charrues et une grosse souffleuse à neige.

La neige s’est accumulée toute la nuit. Sept heures du matin, Robert Thiffeault fils, connu sous le nom de Junior est le premier à arriver sur le site et prend les commandes d’une des charrues dans la pénombre.

Un homme pointe un manche à air.

Junior Thiffeault pointe le manche à air, qui s’est rempli de neige. Il devra le descendre pour retirer la neige qui pourrait le déchirer.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

On se débarrasse de la neige le plus vite possible parce que tu as North Star qui veut décoller entre 7 heures 30 et 8 heures. Il faut que la piste soit déblayée à 90 % pour que l’avion puisse décoller, raconte celui qui travaille à l’aéroport de Kapuskasing depuis 2019.

Selon Junior Thiffeault, la compagnie aérienne North Star vole au minimum trois fois par jour, six jours par semaine. Le service d’ambulance aérien de l’Ontario, Ornge, fait aussi partie du lot à emprunter la piste.

Les différents visages d’une charrue

Les charrues font partie du quotidien de Junior Thiffeault depuis belle lurette. Il a autrefois déneigé les routes de North Bay. Conduire une charrue sur l’autoroute n’a rien à voir avec la conduite sur un tarmac, avoue-t-il.

« C’était très monotone. Tu t’en vas sur une autoroute en ligne drette[sic] et tu reviens. Ici, à l’aéroport on est partout, on est sur la rampe, sur le ‘’ taxiway”. On a les lumières et on doit faire du slalom entre les lumières et pas les casser. »

— Une citation de  Robert « Junior » Thiffeault

À chaque soixantaine de mètres, on retrouve une de ces lumières sur le côté de la piste d’atterrissage. La vigilance est de mise comme elles peuvent valoir entre 250 et 1000 $.

Une charrue.

La prudence est de mise pour Junior qui doit contourner les lumières de piste en déneigeant.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Une autre particularité de l’entretien d’un aéroport en hiver : le sel ne peut pas être utilisé, car le composé peut créer de la corrosion sur les appareils.

Un homme sort un boyau d'essence.

Les enfants de Junior Thiffeault croient qu’il ne fait que remplir l’essence des avions.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Les brosses et l’urée viennent à bout de la glace.

Il faut être pas mal plus perfectionniste sur le tarmac que sur la route 11. On ne peut pas prendre de chance, ce n’est pas comme un chemin que si tu restes pris, tu appelles un towing, dit-il.

Un travail bâclé sur la piste d’atterrissage pourrait coûter la vie d’un pilote et de son équipage.

La deuxième piste d’atterrissage : un laboratoire automobile

Depuis 1994, la piste 10-28 est décommissionnée au trafic aérien. General Motors l’emprunte pour son centre d’essais par temps froid situé devant l’aéroport.

Le centre d'essais hivernaux.

95 % des véhicules de GM destinés au marché nord-américain doivent passer par le centre d’essais hivernaux de Kapuskasing.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Junior Thiffeault nous amène sur la piste qui est devenue une patinoire géante. En novembre dernier, la Ville de Kapuskasing a reçu la commande du locataire de glacer l’extrémité gauche de la piste.

Je n’ai jamais eu de job dans ma vie où on faisait une grosse patinoire dans le champ, se plaît-il à dire.

Alors qu’il était en train de vider la neige des chaussettes à neige, M. Thiffeault a reçu la commande de retirer la poudreuse sur la 10-28 à l’aide de la déneigeuse à balai.

Un balai déneige une piste.

Junior balai la seconde piste de l’aéroport, louée par General Motors.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Junior Thiffeault, qui est né à Kapuskasing, est surpris par l’achalandage du petit aéroport de sa ville natale.

Avant de travailler à l’aéroport de Kapuskasing, je n’avais aucune idée de ce qui se passait ici. J’ai toujours pensé que c’était tranquille et qu’il y avait 1 ou 2 vols par semaine, faisant notamment référence au transport de passagers, suspendu depuis 2017.

Des fois on se fait appeler au milieu de la nuit pour déblayer la piste parce qu’une ambulance veut atterrir avec un patient.



Reference-ici.radio-canada.ca

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