Le nouveau défi de Rose-Anne Joly avec l’Alliance


À 32 ans, Rose-Anne Joly sera l’adjointe à l’entraîneur-chef de l’Alliance de Montréal, Vincent Lavandier, et la responsable du développement des joueurs et de l’analyse des données, 12 ans après une blessure à un genou qui a mis fin à sa carrière d’athlète. 

C’est grâce à l’aide de la vice-présidente de l’Alliance, Annie Larouche, que son curriculum vitae s’est retrouvé sur le bureau du directeur général Joel Anthony au cours d’un processus d’embauche plutôt informel. 

J’ai discuté d’abord avec Joel et par la suite avec Vincent, on a eu une super connexion, explique Joly. On a l’air d’avoir un style similaire, exigeant et très structuré. Je pense qu’on va bien s’entendre.

Bien que la chose soit encore plutôt rare, elle n’est toutefois pas la première femme à entraîner une équipe dans la Ligue élite canadienne de basketball (LECB). 

En 2018, Chantal Vallée avait été nommée entraîneuse-chef et directrice générale des Honey Badgers de Hamilton. Elle n’occupe toutefois plus les fonctions avec l’équipe ontarienne. Elle poursuit son œuvre avec l’équipe féminine des Lancers de Windsor au basketball universitaire canadien. 

Est-ce que la présence d’une femme à titre de vice-présidente de l’Alliance, et possiblement une plus grande ouverture, a pu faciliter l’arrivée de Joly avec la formation montréalaise? Pas nécessairement, puisque toutes les décisions sportives sont du ressort du directeur général de l’équipe. 

Ça se peut qu’elle m’ait ouvert une porte avec son influence, mais ce n’est pas parce que je coche cette case qu’on a offert cet emploi, précise-t-elle. J’ai mérité ma place avec mes connaissances et ma pratique des dernières années. Je crois vraiment au potentiel des femmes dans le sport masculin.

« Je suis fière de ne pas être la première femme dans cette ligue et je suis pas mal certaine que je ne serai pas la dernière non plus. Je crois beaucoup à la représentation des femmes. Je n’ai pas eu la chance d’avoir beaucoup de modèles d’entraîneuses comme Chantal Vallée, que je respecte beaucoup. Je suis fière de représenter les femmes. »

— Une citation de  Rose-Anne Joly

Fière de représenter les femmes, mais aussi le Québec et la langue française qui sera omniprésente dans l’entourage de l’équipe. Pour l’instant, deux des quatre joueurs annoncés sont originaires de Montréal, tandis que les trois entraîneurs nommés parlent français. 

L’humain avant le joueur 

En plus d’être adjointe à l’entraîneur-chef, Rose-Anne Joly sera aussi chargée du développement des joueurs et de l’analyse des données pour l’Alliance. Si 12 à 15 joueurs feront partie de l’effectif, à peine 8 ou 9 toucheront au terrain lors de chaque match. 

Joly aura donc le mandat de travailler avec les joueurs un peu moins utilisés dans le cadre d’entraînements spécifiques. 

Je veux m’assurer que non seulement ils excellent dans ce qu’ils font déjà bien, mais aussi qu’ils s’améliorent dans les autres aspects de leur jeu.

Une entraîneuse donne ses directives à des joueuses pendant un match.

Rose-Anne Joly

Photo : Gracieuseté des Gee-Gees de l’Université d’Ottawa

L’entraîneuse compte miser sur une approche humaine, en plus de ses connaissances techniques et tactiques, notamment peaufinées en travaillant pour l’école de basketball de la NBA à Dubaï, pour faire passer ses messages. Qu’elle entraîne des hommes ou des femmes ne fait aucune différence. 

Mon approche sera la même parce que j’ai confiance en mes capacités, explique-t-elle. La connexion avec les athlètes, c’est l’une de mes forces et je vais miser là-dessus. Je veux que les joueurs soient confortables et qu’ils évoluent dans un environnement sain.

Puisque la saison de la CEBL ne couvre que le printemps et l’été, Joly espère diriger de nouveau l’équipe féminine des Gee-Gees d’Ottawa à la rentrée scolaire. Elle occupait l’intérim au cours de la dernière saison et aimerait bien officialiser son poste.

C’est d’ailleurs sa priorité. Elle devrait connaître son sort dans les prochaines semaines. 

J’espère que mon expérience avec l’Alliance de Montréal va ajouter du poids à ma candidature, confie-t-elle. Ma dernière saison avec les Gee-Gees s’est bien déroulée. Mon objectif cet été, c’est d’ajouter à mon développement professionnel et d’ensuite d’amener ce bagage à l’Université d’Ottawa.

D’ici là, elle devra se trouver un pied à terre à Montréal pour son nouveau défi. La route entre Gatineau et Montréal ne l’effraie pas. Surtout pas quand c’est pour entraîner des athlètes sur un terrain de basketball. 



Reference-ici.radio-canada.ca

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