Le Nord-Ouest atteint un sommet d’agressions sexuelles en 2021


Le détachement de la Police provinciale de l’Ontario à Sioux Lookout a recensé le plus grand nombre d’agressions sexuelles dans le Nord-Ouest est 2021, soit 112. Cette statistique ne surprend pas la directrice générale du refuge pour femmes First Step, Tana Troniak.

« Nos communautés sont plus isolées qu’auparavant. Il y a plus d’agressions, plus de problèmes de dépendance et plus de crimes. Tout ça fait en sorte qu’il y a plus de cas de violence conjugale et d’agression sexuelle.  »

— Une citation de  Tana Troniak, directrice générale du refuge pour femmes First Step

Elle souligne qu’il s’agit d’un problème qui date de bien avant la crise sanitaire, mais la pandémie a aggravé la situation.

Mme Troniak réclame plus de services pour les petites communautés puisque d’après elle, le peu de fonds publics disponibles est dirigé vers les grands centres comme Kenora.

Notre ville dit qu’il y a environ 5000 [personnes], mais la population [desservie est de ] plus de 35 000.

Elle indique qu’à elle seule, l’hôpital de Sioux Lookout dessert plus de 30 Premières Nations du Grand Nord ontarien.

First Step se retrouve dans un situation semblable et doit traiter des cas venant de partout dans la région.

La coordonnatrice des intervenantes du Centre pour femmes francophones du Nord-Ouest Centr’Elles, Kaitlyn Fortier, abonde dans le même sens, expliquant que la demande est plus grosse que ce que les fournisseurs de services peuvent prendre en charge.

La porte des locaux de Centr'Elles.

L’organisme Centr’Elles, basé à Thunder Bay, aide les femmes victimes de violence. Il offre le seul programme francophone de son genre dans le Nord-Ouest de l’Ontario.

Photo : Avec la permission de Centr’Elles

Les pourvoyeurs de services n’ont pas eu plus d’argent pour les offrir, mais maintenant il y a beaucoup plus de clientes qui fréquentent leurs centres.

Afin de remédier à la situation, elle juge qu’il faut en faire plus pour offrir des logements abordables aux victimes et éduquer la population sur les agressions sexuelles et les comportements qui les causent.

L’impact de la pandémie

Kaitlyn Fortier ne mâche pas ses mots en prenant connaissance du nombre d’agressions compilés par la Police provinciale de l’Ontario.

« Je ne suis pas surprise en étant quelqu’un qui travaille dans le domaine. Nous avons aussi vu une augmentation du nombre de clientes et de cas.  »

— Une citation de  Kaitlyn Fortier, coordonnatrice des intervenantes de Centr’Elles

Elle souligne que le type de cas ou le type d’incident que les femmes ont vécu a changé. Je pense que le stress sur tout le monde, incluant l’agresseur, a vraiment changé la façon dont les femmes ont vécu les agressions et l’abus.

Mme Fortier précise que plusieurs éléments comme la pandémie, l’économie et le changement constant de la vie sociale ont eu un effet sur les victimes et leurs agresseurs.

D’après elle, il est trop tôt pour dire s’il y a eu un réel changement cette année en raison de l’allégement des restrictions sanitaires.

Les données de la Police provinciale de l’Ontario appuient ce point puisqu’ils indiquent que le nombre de cas rapporté dans la région est demeuré stable.

La sergente et responsable de l’unité de soutien aux victimes de la Police provinciale de l’Ontario dans le Nord-Ouest de l’Ontario, Dayna Wellock, a compilé les données.

« De janvier à mars 2021, il y a eu 72 cas d’agression sexuelle dans la région du Nord-Ouest. En ce moment, pour la même période, on en compte 76.  »

— Une citation de  Dayna Wellock, sergente de la Police provinciale de l’Ontario

Ces chiffres sont presque identiques à ceux de l’époque prépandémie en 2017. Cette année-là, il y a eu 70 cas durant les trois premiers mois de l’année sur un total de 397.

Mme Wellock estime qu’un changement de perception aurait mené à une hausse record en 2021.

L’augmentation est en grande partie attribuable au public qui se sent plus confortable à dénoncer à la police. Je crois que la Police provinciale de l’Ontario et plusieurs autres corps policiers ont travaillé fort afin d’être plus accueillants pour les victimes.

En ce qui concerne le bond de 31 % du nombre de cas rapporté entre 2020 et 2021, elle croit que les mesures sanitaires en début de pandémie ont forcé les victimes à rester chez elles.



Reference-ici.radio-canada.ca

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