L’appui au bilinguisme reste stable au Canada


Le sondage, mené par téléphone et en ligne, montre que la population canadienne est favorable au bilinguisme pour l’ensemble du pays. Elle estime que l’existence de deux langues officielles contribue favorablement à l’image internationale du pays, en plus d’être l’une des réalités qui définissent vraiment le Canada, et qu’il est logique que le français et l’anglais aient un statut égal puisque les deux langues font partie de l’histoire du pays.

Ils sont 86 % des répondants par téléphone à se dire personnellement en faveur du bilinguisme pour l’ensemble du Canada et 75 % des participants en ligne.

Les principaux avantages du bilinguisme, pour les répondants, se situent dans l’amélioration des perspectives d’emploi et la possibilité d’offrir un meilleur service à la clientèle.

Raison pour laquelle la grande majorité des répondants souhaitent que l’on continue à enseigner le français et l’anglais dans les écoles primaires du Canada et, dans une moindre mesure, qu’on fasse plus d’efforts pour que les jeunes deviennent bilingues et puissent parler français et anglais.

En revanche, parmi la minorité défavorable à la Loi sur les langues officielles, les arguments qui sont majoritairement avancés sont la prédominance de l’anglais et le recul du français, et le fait que la Loi serait discriminatoire à l’égard des autres langues et à l’égard des anglophones.

Méthodologie : Le sondage en ligne national a été mené auprès de 1500 Canadiennes et Canadiens adultes du 30 septembre au 19 octobre 2021. Le sondage téléphonique national à échantillon probabiliste a été réalisé auprès de 1507 Canadiennes et Canadiens adultes par l’entreprise Environics Research, du 27 septembre au 16 octobre 2021. La marge d’erreur pour l’échantillonnage du sondage téléphonique national de 2021 est de ± 2,5 % avec un intervalle de confiance à 95 %.

Le sondage téléphonique a été réalisé auprès de 1507 adultes canadiens, du 27 septembre au 16 octobre 2021, et celui en ligne auprès de 1500 adultes canadiens, du 30 septembre au 19 octobre dernier.

On a commencé les premiers sondages en 2005-2006 et depuis ce temps-là, on voit une certaine tendance qui se dégage. Les langues officielles font partie de l’identité canadienne et sur cette période d’une décennie, c’est renforcé, ça fait partie des normes canadiennes. […] C’est une valeur qui est de moins en moins contestée et qui est de plus en plus appropriée par l’ensemble des Canadiens et des Canadiennes, estime le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, lorsqu’il analyse les résultats.

Très fort appui du Québec

Selon ce sondage, la population canadienne appuie également, dans son ensemble, la Loi sur les langues officielles et ses objectifs. Une loi que le commissaire espère toujours voir être modernisée rapidement et que la majorité des répondants considère comme une reconnaissance de l’histoire, du statut et de la culture du Canada comme pays bilingue.

La Loi est vue favorablement, quelles que soient les provinces, même si le Québec est celle qui lui accorde le plus ses faveurs.

L’appui le moins important vient du Manitoba et de la Saskatchewan, bien qu’il soit majoritaire à 78 % par téléphone et 74 % en ligne, ainsi qu’en Alberta, où on observe une perte de 10 points de pourcentage en cinq ans, à 80 % contre 90 % en 2016, en réponse au sondage téléphonique.

Les personnes qui n’ont ni le français ni l’anglais comme langue maternelle sont tout aussi favorables à la Loi que la population canadienne dans son ensemble.

Ce qui est intéressant, c’est qu’on constate que les communautés diversifiées appuient, elles aussi, les langues officielles. On perçoit les langues officielles comme un outil qui vise l’inclusion, qui nous permet d’être un pays encore plus inclusif. L’ensemble des Canadiens se l’approprient et c’est très intéressant dans le contexte d’un pays qui évolue, notamment en raison de l’immigration, réagit M. Théberge, en entrevue avec Radio-Canada.

L’appui reste toutefois plus fort chez les répondants francophones au sondage téléphonique, avec 95 %, que chez les anglophones, avec 85 %.

Et cette tendance s’observe tout au long des résultats du sondage. Par exemple, dans le sondage téléphonique, 94 % des francophones estiment que les ministres fédéraux devraient être bilingues, tandis que 67 % des anglophones partagent cet avis.

En tant que francophones, on est souvent confrontés à la présence des deux langues officielles au quotidien, tandis que, pour un grand nombre d’individus de la majorité anglophone, ils ont très peu de contact avec le français au jour le jour. Et je pense que cela explique certaines de nos perceptions de la vitalité d’une langue ou de l’autre, juge le commissaire Théberge.

Quelques chiffres du sondage téléphonique* :

  • 94 % des répondants estiment que les Canadiens devraient pouvoir obtenir des services du gouvernement fédéral en français ou en anglais

  • 82 % des répondants estiment que le premier ministre doit être bilingue

  • 77 % des répondants estiment que les juges bilingues à la Cour suprême du Canada

  • 66 % des répondants estiment que les communautés francophones minoritaires hors Québec ont besoin de plus de soutien

  • 68 % des répondants estiment que la politique de bilinguisme officiel du Canada et sa politique de multiculturalisme fonctionnent bien ensemble

*Source : Sondage de suivi sur les langues officielles 2021, Commissariat aux langues officielles du Canada

Petites différences et mythes

En 2016, lorsque le Commissariat aux langues officielles avait déjà procédé à un même coup de sonde, les résultats étaient à peu près similaires.

Le niveau d’appui est quand même très élevé. Donc, le verre est à moitié plein, voire même presque plein à mon avis. On n’aura jamais une unanimité autour d’un concept comme les langues officielles. Mais c’est vraiment intéressant de voir que les voix discordantes qu’on entend souvent ne reflètent pas ce que pensent vraiment l’ensemble des Canadiens et des Canadiennes, pense le commissaire aux langues officielles.

Raymond Théberge assis devant des drapeaux canadiens répond à une question, les poings fermés.

Raymond Théberge, commissaire aux langues officielles du Canada (archives)

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Cinq ans plus tard, seules quelques petites variations peuvent être observées, comme un moins grand appui au bilinguisme des juges à la Cour suprême du Canada, par exemple.

On observe aussi une légère progression de certains mythes associés aux langues officielles, notamment sur la politique linguistique du Canada.

Quelque 83 % de répondants en ligne pensent que la politique linguistique du Canada veut que tous les services du gouvernement fédéral soient offerts dans les deux langues officielles d’un océan à l’autre.

Nouvelle question, autre mythe : 64 % pensent qu’en dehors du Québec, le français n’est plus la deuxième langue la plus commune après l’anglais, même si les plus récentes données de recensement indiquent le contraire, note le Commissariat aux langues officielles.

« Le travail se poursuit, mais on est rendu très loin de l’époque où on ne voulait pas lire le français et l’anglais sur une boîte de céréales. »

— Une citation de  Raymond Théberge, commissaire aux langues officielles du Canada

Ça nous dit qu’on doit continuer à sensibiliser et éduquer sur ce que ça veut dire les langues officielles dans le contexte du Canada. Mais ça démontre aussi que [les langues officielles], c’est connu de tout le monde, analyse M. Théberge.

Un sondage, pour quoi faire?

Le commissaire Théberge estime que ces résultats serviront au gouvernement fédéral, ainsi qu’à l’ensemble des décideurs, notamment pour établir leurs politiques linguistiques.

On va les partager avec les décideurs […] pour démontrer l’importance que les Canadiens accordent aux langues officielles et, par exemple, pour développer des programmes en matière d’enseignement du français langue seconde un peu partout au Canada, des programmes pour appuyer les communautés de langues officielles en situation minoritaire, illustre-t-il.

Et d’espérer aussi que l’appui obtenu réussisse à convaincre le gouvernement de Justin Trudeau d’accélérer ses démarches pour moderniser la Loi sur les langues officielles.

Je pense que le sondage démontre que le moment est propice et même excellent pour déposer un nouveau projet de loi, glisse M. Théberge.



Reference-ici.radio-canada.ca

Leave a Comment