Lancement d’un programme de lutte contre le VIH pour les Autochtones à Vancouver



Le Peter Centre de Vancouver, qui se spécialise dans les soins aux personnes atteintes du VIH/sida, a annoncé vendredi qu’il avait reçu des fonds pour embaucher du personnel spécialisé et lancer un programme axé sur les autochtones appelé Culture of Care (culture de soins).

Selon le Peter Centre, plus d’un tiers de ses clients s’identifient comme Autochtones, et le taux de personnes séropositives est nettement supérieur à la moyenne dans les communautés des Premières Nations, des Métis et des Inuit.

Le conseiller autochtone qui travaille pour la Dr. Peter AIDS Foundation qui gère le centre, Kevin Barlow, indique que de nombreux facteurs expliquent le nombre disproportionné d’Autochtones vivant avec le VIH/sida.

Il s’agit notamment de la discrimination et du colonialisme, la toxicomanie découlant des traumatismes subis dans les pensionnats et l’inégalité dans l’accès aux soins de santé.

À ce titre, le traitement et la prise en charge des personnes vivant avec le VIH nécessitent des approches plus sensibles à la culture, note M. Barlow.

Parfois, la culture est le médicament que nous devons fournir à une personne autochtone, afin qu’elle n’emporte pas avec elle autant de traumatismes multigénérationnels, ajoute M. Barlow, un Miꞌkmaw qui vit à North Vancouver. M. Barlow est également l’ancien président-directeur général du Réseau canadien autochtone du sida, une organisation nationale qui a depuis été rebaptisée Communautés, alliances et réseaux.

Soins culturellement appropriés

Selon le directeur général de la Dr. Peter AIDS Foundation, Scott Elliott, le nouveau programme offrira une gamme de soins culturellement appropriés, qui, selon lui, doivent rester fluides, puisqu’il n’existe pas une seule culture autochtone, mais de nombreuses pratiques et croyances diverses.

Il y a un réel manque de services très ciblés pour les personnes qui s’identifient comme Autochtones, d’après Scott Elliott. Les gens disent que le sida est terminé. Je suis ici pour attester […] qu’il n’en est rien.

« Nous constatons encore des taux importants de nouvelles infections au Canada. Il s’agit principalement des communautés autochtones, des communautés africaines, caribéennes et noires, et de personnes qui consomment des substances. »

— Une citation de  Scott Elliott, directeur général de la Dr. Peter AIDS Foundation

Le nouveau programme du centre, axé sur les Autochtones, sera supervisé par un personnel autochtone dédié, et organisera chaque semaine des événements culturels, des cérémonies, des activités artistiques, des repas et d’autres programmes alimentaires, en plus de services de réduction des risques.

Pour M. Barlow, il ne peut y avoir d’approche unique pour la prise en charge des Autochtones vivant avec le VIH.

Il ne s’agit pas d’un modèle théorique que l’on peut apprendre à l’université, mentionne-t-il. Lorsque vous avez une mosaïque de cultures autochtones dans le Grand Vancouver, le défi pour un centre comme celui du Dr Peter est de savoir comment répondre aux gens des différentes nations qui sont ici. Chaque nation est unique.

Le centre du Dr Peter a été fondé en 1997 pour offrir des soins et des programmes de lutte contre le VIH/sida fondés sur les principes de la réduction des risques et de la santé mentale.

Le centre rapporte que les Autochtones du Canada sont près de trois fois plus susceptibles d’être diagnostiqués séropositifs que le reste de la population, et que le moyen de transmission le plus courant est le partage de matériel d’injection de drogue.

D’après un texte de David P. Ball de CBC Indigenous



Reference-ici.radio-canada.ca

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