L’Alberta adopte une motion dénonçant l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence



La fin de l’état d’urgence plus tôt dans la journée ne change rien au programme de son gouvernement, affirme le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney.

Il n’y a jamais eu d’urgence nécessitant ces pouvoirs extrajudiciaires. Quelle humiliation pour ceux qui défendaient l’indéfendable il y a 5 minutes. L’Alberta a l’intention de procéder à une demande de révision judiciaire de l’invocation de [la Loi sur les mesures d’urgence] pour remédier à cet abus de pouvoir, indique Jason Kenney dans un tweet publier en après-midi.

Les personnes dont les droits ont été violés et les provinces dont la compétence a été violée sans justification doivent avoir leur chance devant les tribunaux. Il faut demander à l’appareil judiciaire d’établir des limites à une telle utilisation arbitraire de pouvoirs de police extraordinaires pour l’avenir, ajoute-t-il.

Le débat

Lors du débat à l’Assemblée législative, le premier ministre Jason Kenney a déclaré que la vie, la santé et la sécurité des Canadiens n’étaient pas en danger et que la capacité du Canada à préserver la souveraineté ou l’intégrité territoriale n’était pas en danger non plus.

« Était-ce une urgence nationale? Je dirais que non. »

— Une citation de  Jason Kenney, premier ministre de l’Alberta

Il s’agit d’une invasion à grande échelle des droits fondamentaux […] établissant un précédent très dangereux, dit-il.

Selon lui, avoir recours à cette loi inutile, disproportionnée et injustifiée a été fait sans raison valable.

De plus, comme il a été démontré en Alberta, les gouvernements et les instances d’application de la loi disposent déjà de l’autorité et des ressources adéquates pour mettre fin aux blocages illégaux et rétablir l’ordre.

Il existe d’innombrables infractions que la police peut utiliser pour l’application ordinaire de la loi en Alberta, dit-il. Ils ne manquent pas de lois, mais d’application des lois à Ottawa.

Selon lui, le premier ministre du Canada a mis de l’huile sur le feu.

C’est un moment honteux de notre histoire, c’est un écho de l’utilisation en 1970 de la Loi sur les mesures de guerre et c’est un écho des types d’injustices que cette même loi a permis lors de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale.

Il s’agit d’une attaque contre nos valeurs, contre notre identité canadienne et contre notre mode de vie, a affirmé Miranda Rosin, députée pour Banff-Kananaskis, lors du débat.

Le Canada continuera-t-il d’être un pays libre où les citoyens peuvent s’exprimer librement et exprimer leur soutien ou leur opposition aux politiques gouvernementales sans craindre la répression et l’emprisonnement?, demande-t-elle.

Selon elle, il ne faut pas avoir la tête dans le sable et agir comme si rien ne s’était passé, mais plutôt, défendre les droits des Canadiens pour les prochaines générations.

Le NPD dénonce un échec à la frontière albertaine

Le Nouveau parti démocratique (NPD) de l’Alberta, l’opposition officielle, affirme pour sa part que le blocage de Coutts qui a duré plus de deux semaines était un échec du gouvernement du Parti conservateur uni pour faire respecter la loi.

Les promesses d’un autre voyage à la Cour fédérale ne sont rien d’autre qu’une tentative de [Jason] Kenney de détourner l’attention des Albertains du fait que deux de ses députés du Parti conservateur uni ont activement encouragé ce blocage illégal qui a causé des dommages de près de 800 millions de dollars à l’économie de l’Alberta, et qui incluait des extrémistes qui sont accusés d’avoir stocké des armes et conspiré pour assassiner des agents de police, à dit Irfan Sabir, porte-parole en matière de justice pour le Nouveau Parti démocratique de l’Alberta, lors du débat.



Reference-ici.radio-canada.ca

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