Ivanie Blondin frappée par le blues post-olympique


La patineuse d’Ottawa ne cache pas qu’elle a vécu des moments difficiles après les Jeux, où elle a remporté l’argent au départ groupé et l’or en poursuite par équipe. Son blues l’a projetée au fond du trou.

J’ai pris du recul après les Jeux, je suis juste vraiment contente d’avoir terminé la saison, a-t-elle expliqué lors d’un appel en vidéoconférence avec les médias canadiens, dimanche. Je suis fatiguée physiquement, je n’étais pas au top de ma forme ce week-end, et mentalement, j’ai souffert pendant les Jeux.

Une médaille d’or et une d’argent à Pékin, c’était l’objectif d’Ivanie Blondin. Mais elle s’est sentie glisser à son retour.

Je pensais vraiment qu’en rentrant chez moi avec ces deux médailles, mon humeur changerait, mais en fait, je me suis enfoncée dans un endroit sombre (dark place) où je ne voulais voir personne, révèle-t-elle, où je ne voulais rien faire, j’avais du mal à aller faire marcher le chien.

Le blues post-olympique, ça existe, et plus on en parle, plus on va sensibiliser les athlètes, explique-t-elle, convaincue, leur faire comprendre que c’est normal de se sentir comme ça.

C’est normal de devoir décompresser à la maison après avoir vécu toutes ces émotions, avec autant de hauts et de bas aux Jeux, fait-elle remarquer. Il faut être honnête envers soi-même, et si vous sentez que vous avez besoin d’une pause, c’est que vous en avez besoin.

Tout le monde gère ça à sa façon, et moi, je me suis creusé un trou et je m’y suis enfoncée à mon retour. Je ne voulais aller nulle part, je voulais juste faire une pause. J’ai voulu annuler mon voyage aux mondiaux toutes distances, pour être prête pour les finales de la Coupe du monde, mais je n’y suis pas arrivée, précise-t-elle, en riant.

Ivanie Blondin ne veut pas confirmer qu’elle avait disputé ses derniers Jeux, mais elle l’a senti.

Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, admet-elle, et je voulais vraiment vivre l’instant présent. Ce que j’ai du mal à faire.

J’ai souffert au début des Jeux, mais après, mes deux podiums m’ont fait du bien mentalement, reconnaît-elle. Je n’aurais pas été capable de faire ça aux Jeux d’avant. Je suis fière de moi pour ça.

Ivanie Blondin, Valérie Maltais et Isabelle Weidemann sont sur le podium et tiennent leur médaille d'or.

Ivanie Blondin, Valérie Maltais et Isabelle Weidemann ont remporté la médaille d’or à la poursuite par équipe en patinage de vitesse sur longue piste à Pékin

Photo : Getty Images / Elsa

En ce moment, je ne sais pas si je veux continuer le patin l’année prochaine ou l’année d’après, je n’ai aucune idée, j’ai beaucoup d’options. On a des meetings la semaine prochaine pour discuter de mes plans pour l’avenir.

Je dois appuyer sur le bouton reset. On va prendre ça relax durant la off season, et focuser sur l’année prochaine.

Le vélo comme exutoire

Ivanie Blondin veut retrouver son énergie mentale et physique, et ça passera par le vélo.

Je planifie de faire un petit peu de vélo, un petit plus de vélo durant le off season, faire des petites courses sur le road puis voir où ça pourrait m’amener, explique-t-elle. Je n’ai pas de plan final, mais je prévois courser sur le vélo juste pour le fun, sur le road et aussi sur la piste.

Ce serait comme un changement pour moi. Peut-être que je serais bonne en course, je n’ai aucune idée en ce moment, admet-elle. Que ça m’amène quelque part ou non, ce sera bon pour l’entraînement.

Ça fait longtemps que j’ai fait des courses sur le vélodrome, puis sur road, fait qu’on va voir.

Une athlète souriante pose pour la photo, sur son vélo.

Ivanie Blondin va se remettre au cyclisme.

Photo : liv-cycling

Ivanie Blouin s’est entraînée à Calgary sur piste (en vélodrome) lors des trois dernières saisons.

Avant, je pense que j’ai fait un championnat canadien junior, cherche-t-elle dans ses souvenirs. J’ai été proche de me qualifier pour les mondiaux juniors, mais avec le [patinage] courte piste, ils ne me laissaient pas y aller, et puis il fallait payer, donc, on a décidé de ne pas y aller.

Ivanie Blondin pourrait se laisser convaincre par Allison Beveridge, la cycliste canadienne spécialiste de la piste, vice-championne du monde en poursuite par équipe en 2014 et 2016.

Allison vit proche de chez nous, puis je lui parle quand même assez souvent, explique-t-elle. Je ne sais pas s’il y a des opportunités là. Mais ça se peut que dans le futur, on va me voir courser sur le track.



Reference-ici.radio-canada.ca

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