Inondation de 1997 à Letellier : le combat de la famille Calder | Inondation 1997 (25e)


La belle-famille d’Antonio Simard possédait deux maisons dans la ferme, près de l’autoroute 75, et une autre, environ 16 km plus loin. L’emplacement avait été choisi par un ancêtre qui pensait qu’il serait à l’abri des inondations.

En avril 1997, les autorités étaient sûres que les digues allaient tenir le coup et protéger la communauté. Mais les experts prévoyaient aussi que la rivière Rouge pourrait déborder et former un lac de 20 km sur 90 km.

Deux camions sont à une intersection. Les routes et les champs sont inondés d'eau.

Les routes des environs de Letellier étaient couvertes d’eau.

Photo : Antonio Simard

Alors que des préparatifs étaient en cours, les résidents des environs surveillaient nerveusement la situation à Grand Forks et à Fargo, aux États-Unis.

Il y avait des montagnes de neige dans les champs, raconte Antonio Simard.

ANTONIO SIMARD

ANTONIO SIMARD

Photo : Radio-Canada

Devant la menace, la province a offert l’option aux fermiers de la vallée de la rivière Rouge d’entreposer leurs machines au parc provincial Birds Hill ou à Saint-Malo. L’un des beaux-frères d’Antonio Simard, qui produisait du grain, a plutôt fait appel à la famille pour mettre sa machinerie en sécurité et protéger la ferme.

« On a entouré trois maisons de sacs en une journée, jusqu’à la soirée. Heureusement que les soldats étaient là pour nous aider, ça nous aurait pris plus de temps. »

— Une citation de  Antonio Simard

En 1975, la maison ancestrale avait été remontée sur une butte de terre pour la protéger des inondations futures. Mais, en 1997, l’eau a envahi la cour des Calder et atteint le rez-de-chaussée. Avec la force du courant, la maison a même été un peu déplacée.

Une maison avec des sacs de sable et de l'eau autour de la fondation.

La digue de sable construite pour protéger la maison ancestrale a cédé.

Photo : Antonio Simard

Le plancher de chêne était détruit, le plâtre, aussi, et il y avait de la moisissure. On a nettoyé la boue, les branches. C’était sale, se souvient Antonio Simard.

Deux personnes nettoient la boue dans un sous-sol d'une maison avec une pelle et des sacs de plastique.

Un grand nettoyage a été nécessaire après les inondations à Letellier.

Photo : Antonio Simard

Ross Calder et un autre membre de la famille ont été obligés de s’installer de façon permanente au village, qui était protégé par une digue circulaire. Après les inondations de 1997, la maison ancestrale a été vendue à des entrepreneurs qui l’ont transportée sur un terrain entre Steinbach et La Broquerie. Elle a été complètement restaurée.

Lisez-nous, regardez-nous, écoutez-nous! Jusqu’au 22 avril, Radio-Canada souligne les 25 ans de l’inondation de 1997 sur le web, à la radio et à la télé et revient sur certains des principaux événements qui ont marqué la communauté francophone dans toute la vallée de la rivière Rouge.

Une grande maison ancestrale en bois beige avec des plantes et des jardins en été.

La maison des Calder est située entre La Broquerie et Steinbach.

Photo : Carole Tétreault

Les propriétaires actuels, Carole Tétreault et son mari, ont été séduits par l’histoire de la maison lors de leur première visite en 1999.

« Il y avait quelque chose de magique. On a pu ensuite rencontrer les petits-enfants des Calder. C’est incroyable, l’histoire de ces pionniers. »

— Une citation de  Carole Tétreault, propriétaire actuelle de la maison Calder

Le couple a décidé de préserver le nom pour perpétuer l’histoire de la famille Calder. En 2005, il la transforme en gîte et accueille des visiteurs pendant 12 ans. Aujourd’hui, elle sert de lieu pour des retraites spirituelles et, en 2022, la maison célèbre son centenaire. En tout, la maison Calder aura survécu à quatre inondations, dont celle de 1997.

La maison Calder

Elle a été construite en 1922 à partir d’un ensemble commandé auprès de la compagnie McDermott Lumber. Elle arrivera en train de la Colombie-Britannique et elle sera ensuite transportée en morceaux à assembler à Letellier par charrette à chevaux. Elle servira de résidence principale à la famille Calder, originaire d’Écosse. Elle sera déplacée et remontée sur une butte avant l’inondation de 1997. La même année, elle sera vendue et transportée près de La Broquerie.



Reference-ici.radio-canada.ca

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