Si les chiffres officiels de la province ne semblent pas démontrer un achalandage beaucoup plus élevé que les années précédentes, de nombreux utilisateurs de cette route constatent que la situation est pire que jamais.

Voici comment ces trois adeptes des grands airs sont touchés par les bouchons.

Le week-end à Whistler, depuis 20 ans

L’amour de Daniel Martinez pour le plein air le pousse à aller à Whistler tous les week-ends pendant l’hiver depuis vingt ans.

Photo : photo fournie par Daniel Martinez

Daniel Martinez habite à Maple Ridge, travaille à New Westminster et possède une propriété à à Whistler depuis vingt ans.

L’amateur de raquette et de ski a constaté, au fil des années, à quel point la circulation routière devient de plus en plus dense. C’est toujours occupé, ç’a l’air [d’aller de mal en pis], constate-t-il.

Sa femme et lui ont donc adapté leur horaire pour éviter les bouchons. Ils partent le jeudi soir parce qu’ils ont la chance de ne pas travailler le vendredi et reviennent le lundi matin. Nous partons à 5h pour aller directement au travail à New Westminster, explique le propriétaire de Daniel’s Kitchen.

Malgré tout, pas question pour lui de renoncer à Whistler, parce que cet endroit le force à demeurer plus actif.

Les solutions proposées?

Il aimerait que l’autoroute Sea-to-Sky soit munie de deux voies par direction, tout au long. Quand ils ont construit pour les Olympiques, ils ont dit qu’il y aurait deux voies tout le long, mais en fin de compte, ils n’ont pas fait les deux voies partout, se désole-t-il.

Un réveil de plus en plus tôt

Pascale Anouk Rivest-Gadbois est agenouillée sur un sommet enneigé en train de prendre une photo.

La photographe Pascale Anouk Rivest-Gadbois doit souvent passer toute la journée à Whistler pour un seul contrat de deux heures, simplement pour éviter de se trouver prise dans la congestion routière.

Photo : photo fournie par Gadbois Photography, prise par Rachael Lytle

Dans la famille de Pascale Anouk Rivest-Gadbois, une photographe de Squamish, il n’est pas question de renoncer au ski alpin à Whistler. Or, l’intensification de la circulation automobile modifie ses habitudes. On voit une grosse différence, une augmentation du trafic depuis six mois. C’est rendu un peu du n’importe quoi les fins de semaine, pour les résidents de Squamish en tout cas.

La solution trouvée, c’est de se lever encore plus tôt pour éviter les bouchons. Le réveil sonne à 5h15. Il y a deux ans, on pouvait se permettre de partir vers les 7h00 ou 7h15 pour pas avoir aucun trafic. […] Maintenant, il faut se retrouver au coin de notre autoroute et de notre rue principale à 6h15, explique-t-elle.

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La photographe doit aussi adapter ses journées de travail. Même un engagement de 2 heures à Whistler, c’est toute ma journée qui y passe simplement parce que je ne veux pas être prise dans un trafic ou, malheureusement, dans un accident., confie-t-elle.

Toutefois, il lui est difficile de critiquer la situation parce qu’elle vit du tourisme.

« C’est tellement de toute beauté Whistler, je comprends. J’ai changé de vie, de Québec à Whistler pour en profiter, pour le faire vivre à ma fille. Donc on le prend avec un grain de sel. »

— Une citation de  Pascale Anouk Rivest-Gadbois

Les solutions proposées?

Pascale aimerait revoir des brigadiers contrôler la circulation à Whistler, comme c’était le cas avant, ou encore voir un système de navette comme celui qui avait été instauré lors des Jeux olympiques de 2010.

Dormir dans sa caravane pour éviter les bouchons

Gros plan de FX Gagnon dans la neige.

Malgré les défis liés aux problèmes de circulation routière pour se rendre à Whistler, le guide de montagne FX Gagnon n’hésite pas à se déplacer à cet endroit prisé des touristes.

Photo : photo fournie par FX Gagnon

Les journées du guide d’aventure et instructeur d’avalanche FX Gagnon peuvent être longues, très longues.

Quand il finit de travailler dans la montagne à 16h, il n’arrive souvent pas chez lui à North Vancouver avant 21h. C’est assez incroyable de se dire qu’un tronçon de route d’à peu près 125 km, ça peut prendre quatre à cinq heures pour revenir chez toi le dimanche soir. C’est aberrant, se désole-t-il. Il constate que le problème s’aggrave depuis trois ans et encore plus, depuis la pandémie.

« Ç’a quand même toujours été un problème les vendredis soirs et les dimanches soirs, mais pas à l’envergure que je vois cette année. »

— Une citation de  FX Gagnon

Pour s’en sortir et éviter d’arriver en retard pour ses clients, il part le jeudi soir et revient le lundi et dort dans son auto-caravane. Sinon, il devrait partir vers 5h30 le matin. Ceux qui font du hors-piste au nord de Whistler doivent partir encore plus tôt, ce qui peut devenir dangereux en terrain avalancheux quand le jugement doit être excellent, selon l’instructeur.

Les solutions proposées?

FX Gagnon croit que les employeurs devraient offrir plus de flexibilité au travail pour permettre aux gens de prendre leur week-end au milieu de la semaine. Il voudrait aussi voir plus de transport en commun instauré entre North Vancouver et Whistler, comme le retour du service de train pour passagers, plus d’autobus ou même, réfléchir à une possibilité d’un système de transport maritime entre North Vancouver et Squamish.

Des statistiques qui surprennent

Même s’ils semblent unanimes pour dire que la circulation routière est de mal en pis, les statistiques de fréquentation de ce corridor fournies par la province ne révèlent pas un changement marqué.

Réponses des autorités

Les municipalités de North Vancouver, West Vancouver et Whistler reconnaissent le problème et elles ont indiqué que l’autoroute Sea-to-Sky est la responsabilité de la province.

Cependant, les municipalités entre North Vancouver et West Vancouver, ainsi que les Premières Nations Squamish et Tsleil-Waututh, travaillent avec la province pour développer un plan à long terme pour la portion entre la route Lynn Valley et la sortie pour le terminal du traversier de Horseshoe Bay.

La mairesse de North Vancouver, Linda Buchanan, a indiqué que s’il n’y a pas une simple solution à la congestion, la Ville s’engage à offrir différentes options. Par exemple, améliorer les feux de circulation, offrir de meilleures options pour les résidents pour qu’ils évitent l’autoroute ou prioriser le transport en commun.

Le ministère des Transports et de l’Infrastructure rappelle qu’une étude est en cours au sujet du transport rapide au-dessus de l’anse Burrard, mais que la décision finale reviendra au conseil des maires. La province s’engage à travailler avec les gouvernements locaux pour permettre une meilleure mobilité des résidents.



Reference-ici.radio-canada.ca

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