Garderies : l’Ontario signe finalement une entente avec Ottawa



Le premier ministre canadien Justin Trudeau en a fait l’annonce en grande pompe lundi, en compagnie de sa ministre des Finances Chrystia Freeland et du premier ministre ontarien Doug Ford.

L’Ontario était la seule province à ne pas encore avoir conclu une entente avec le fédéral sur les garderies.

La province n’a pas obtenu plus d’argent que ce qui était sur la table depuis l’été dernier.

Dans un communiqué, le gouvernement Ford affirme qu’il s’agit d’une entente de 13,2 milliards. Toutefois, cette somme inclut la sixième année du programme fédéral pour laquelle l’Ontario a déjà négocié sa part.

Grâce à l’accord fédéral-provincial, les parents d’enfants de cinq et moins fréquentant un centre de garde réglementé (garderies et à la maison) doivent bénéficier d’un allègement dès cette année :

  • Rétroactivement au 1er avril 2022, les frais de garde doivent baisser de jusqu’à 25 %, et ce, pour un taux minimum de 12 $ par jour
  • En décembre 2022, les frais de garde doivent baisser en moyenne de 25 % supplémentaires
  • Une autre réduction est prévue en septembre 2024
  • En septembre 2025, les frais de garde ne devraient pas dépasser 10 $ par jour en moyenne par enfant

À l’heure actuelle, une place en garderie à Toronto, par exemple, coûte environ 1800 $ par mois pour un poupon, 1300 $ pour un bambin et 1000 $ pour un enfant de 2 ans et demi à 4 ans et demi.

Les exploitants de garderies ont jusqu’au mois de septembre pour s’inscrire au programme, précise le ministre ontarien de l’Éducation, Stephen Lecce.

Selon le gouvernement fédéral, l’entente signifiera des économies moyennes d’environ 2200 $ annuellement par famille, selon le taux réduit ce printemps, et l’équivalent de 6000 $ par année à partir de la fin de 2022.

« Pour les familles, l’entente va faire une grande différence. C’est plus d’argent dans vos poches pour l’épicerie, pour l’essence. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

M. Trudeau ajoute que les mères ne devraient pas avoir à choisir entre une famille et une carrière.

Une victoire pour l’Ontario?

En point de presse, le premier ministre Ford, qui fera face à l’électorat en juin, a remercié son homologue fédéral, en plus de qualifier la ministre Freeland de très bonne amie.

Il affirmait depuis plusieurs mois qu’un accord était imminent, alors que province après province se joignaient au programme fédéral.

« C’est une bonne entente pour les familles et l’Ontario. »

— Une citation de  Doug Ford, premier ministre de l’Ontario

M. Ford affirme que l’accord offre de la flexibilité, en plus d’une évaluation automatique dans trois ans.

À défaut d’avoir plus d’argent, l’Ontario a pu avoir une garantie d’Ottawa concernant sa part du gâteau pour la sixième année, soit 2,9 milliards. Par ailleurs, le fédéral permet au gouvernement Ford de transférer une grande partie du financement prévu pour 2021-2022 aux prochaines années, étant donné que la présente année financière est presque finie.

M. Trudeau se défend d’avoir fait des faveurs à l’Ontario. Les provinces avaient différentes priorités, dit-il.

Pour sa part, la ministre Freeland qualifie la conclusion de l’entente de journée historique, saluant le combat des féministes qui se sont battues pendant des décennies pour des services de garde abordables.

Pénurie de places

En plus du coût très élevé des garderies en Ontario, le manque de places est un problème majeur actuellement.

L’accord fédéral-provincial prévoit l’ajout de 71 000 places d’ici 2026, en plus des 15 000 places créées depuis 2019.

Le financement à cet effet ira à la fois à des garderies sans et avec but lucratif.

Le ministre Lecce admet que le défi est grand, notant que pour chaque enfant qui a une place en garderie en Ontario, trois autres n’en ont pas.

Selon le premier ministre Trudeau, l’accord prévoit aussi des exigences en matière de places pour les communautés francophones et les enfants handicapés, notamment.



Reference-ici.radio-canada.ca

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