Les deux scénarios présentés sont théoriques et hypothétiques. Notre objectif est de faire des recommandations qui vont à la fois protéger les habitats pour les caribous forestiers et montagnards de la Gaspésie tout en limitant les impacts socio-économiques de ces protections-là, résume Nancy Gélinas, présidente de la commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards.

Deux scénarios distincts

Le premier scénario propose d’étendre une plus grande superficie de zone d’habitat en restauration. Ce scénario aurait une incidence sur les activités forestières actuelles et pourrait menacer un peu plus de 800 emplois à l’échelle du Québec.

Par exemple, en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent, la restauration de l’habitat pourrait coûter 3 millions de dollars pour le reboisement des chemins sur une dizaine de bois. De plus, les différentes mesures de gestion de la population des caribous, comme le sont les enclos de maternité, pourraient se chiffrer entre 600 000 dollars par année et 1,3 million sur les cinquante prochaines années.

Le premier scénario propose d’étendre la zone d’habitat des caribous. Toutefois il pourrait avoir des incidences sur les activités forestières actuelles.

Photo : Gracieuseté de la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards.

Sur la Côte-Nord, ce scénario intégrerait un plus large territoire et les coûts de démantèlement et de reboisement sont estimés de 10 à 14 millions de dollars. S’ajouterait également le prix des mesures de gestion de la population, chiffrés à environ 1 million de dollars par année.


Le second scénario, quant à lui, inclut une plus petite superficie de zone d’habitat en restauration de l’habitat du caribou et ne présente aucun impact additionnel sur les activités forestières. Il ne menacerait donc pas d’emplois.

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La présidente de la commission, Nancy Gélinas, explique que les pistes présentées sont le fruit de plusieurs mois de travail autour de la problématique entourant les populations de caribous.

Un document de consultation est à la disposition de la population pour prendre connaissance de l’état de la situation. Ce résumé intègre notamment les nouvelles connaissances disponibles, comme le suivi télémétrique ou encore la cartographie du lichen dont se nourrit essentiellement le caribou.

Une tournée régionale au printemps

Les commissaires iront à la rencontre des citoyens et des organismes des différentes régions du Québec pour organiser des audiences de consultation. Les rencontres débuteront à Sainte-Anne-des-Monts le 12 avril avant de se poursuivre dans les différentes régions du Québec. Elles se clôtureront à Baie-Comeau le 17 mai.

Lors de ces audiences seront également conviés les groupes autochtones, indique Nancy Gélinas. Le mandat de la Commission c’est d’aller à la rencontre de tout le monde. Effectivement les communautés autochtones sont un groupe particulier de par la loi. Nous, évidemment, on est indépendant, donc on n’a pas les outils pour faire des choses particulières mais, on va souhaiter très fort les entendre, précise-t-elle.

Pour rappel, les communautés d’Essipit et de Mashteuiatsh ont entrepris un recours judiciaire en Cour supérieure pour dénoncer le fait que Québec ne les a pas adéquatement consultées lors de l’élaboration d’un plan de protection pour le caribou forestier et son habitat.

Les Innus de Pessamit se sont aussi dits prêts, au début du mois de mars, à aller devant les tribunaux pour dénoncer l’inaction du gouvernement du Québec en matière de protection du caribou forestier.

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Absence d’experts en caribous

Notre mandat, ce n’est pas de développer une expertise en caribou, c’est d’aller à la rencontre de la population et des parties prenantes, admet Nancy Gélinas. Cette dernière rappelle que la commission rencontrera des experts pour envisager toutes les solutions.

Martin-Hugues St-Laurent, professeur biologie à l’Université du Québec à Rimouski, salue la volonté de consulter les citoyens. Toutefois, il s’interroge sur l’objet d’étude de la commission indépendante.

La priorité, ou du moins, le niveau de détail le plus élevé pour l’instant, est beaucoup plus sur le volet socio-économique en termes de perte de volume, de pertes d’emplois, perte de retombées économiques qu’en termes de probabilité de succès pour le caribou, réagit M. St-Laurent.

Le professeur regrette que l’avenir du caribou ne soit pas au centre des préoccupations.

Pour rappel, en novembre, plusieurs groupes écologiques et d’experts de caribous sont demeurés perplexes quant à la création de la commission, notant qu’aucun spécialiste du caribou ne figurait au sein du comité.

Pour soumettre leurs recommandations, les citoyens, experts et organismes sont invités à participer aux rencontres, à soumettre un mémoire ou à remplir un questionnaire en ligne.

D’ici la fin de l’été, la Commission espère soumettre ses recommandations auprès du Ministère.

Avec les informations de Zoé Bellehumeur et Bruno Lelièvre



Reference-ici.radio-canada.ca

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