Des producteurs maraîchers de l’Abitibi-Témiscamingue redoutent l’inflation


Les jardins Tomates & Camomille de Rouyn-Noranda ont d’ailleurs lancé un cri du cœur sur les réseaux sociaux afin d’obtenir le soutien de la population.

L’entreprise maraîchère a vu le prix de plusieurs équipements nécessaires à la production augmenter soudainement en raison de l’inflation. La copropriétaire, Camille Béchard-Plourde, tenait à partager au public ses craintes quant à cette réalité.

C’est super inquiétant de savoir si à long terme, nous allons être capables d’assurer notre rentabilité, qui est déjà très basse. Je dois tout de même m’assurer que la production soit bonne et qu’elle se vende, fait-elle remarquer.

Kamylle Béchard-Plourde sourit à la caméra dans une serre, à côté d'un plant de tomates.

Kamylle Béchard-Plourde, copropriétaire des Jardins Tomates & Camomille

Photo : Radio-Canada / Vanessa Limage

Malgré ses appréhensions quant aux coûts liés à la production, Mme Béchard-Plourde se dit grandement encouragée par les nombreuses personnes qui ont réagi et partagé sa publication Facebook.

Il y a des gens qui nous ont envoyé des commandes simplement pour nous encourager et non pour avoir des plants. Il y a vraiment eu une forte réponse au message qu’on a envoyé comme quoi c’est difficile cette année et qu’on a besoin que les gens nous encouragent, se réjouit-elle.

Le propriétaire de la ferme maraîchère Écobourgeons à La Sarre, Vincent Fluet, a également constaté les effets de l’inflation.

La semaine passée, je voulais acheter un tuyau d’ABS [de plastique] à 90 degrés, ce n’était pas loin de 20 $. Il y a certains éléments qui coûtent vraiment cher, s’étonne-t-il.

Vincent Fluet debout devant son jardin couvert d'une toile noire.

Le propriétaire de l’entreprise Écobourgeons, Vincent Fluet.

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Support gouvernemental réclamé

Les jardins Tomates & Camomille pratiquent une agriculture supportée par la communauté. Des gens à proximité de la ferme reçoivent chaque semaine des paniers de légumes grâce à un abonnement saisonnier. Les moyens financiers sont plus limités, selon la ferme agricole.

Camille Béchard-Plourde aimerait donc que le gouvernement provincial soutienne davantage l’agriculture de proximité.

Ça serait bien que l’aide suive et que les enveloppes soient plus grandes pour des régions éloignées. L’autonomie alimentaire doit se développer dans chaque région du Québec, signale la copropriétaire.

Le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de l’Abitibi-Témiscamingue, Pascal Rheault, croit que les paliers de gouvernement doivent appuyer financièrement l’agriculture locale dans son ensemble large.

Le coût de l’alimentation augmente aussi, il faut donc que les citoyens aient les moyens d’encourager les producteurs. De quelle façon peut-on l’aider à acheter plus? Comment aider les producteurs à baisser les coûts de production? Dans quel sens doit-on aller? C’est une discussion que nous devons avoir, précise-t-il.

Un homme pose pour la caméra dans son bureau.

Pascal Rheault, président de l’UPA en Abitibi-Témiscamingue

Photo : Radio-Canada / Camille Lalancette

Circuits courts

La députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien souhaiterait que le ministère québécois de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation encourage la mise en place de circuits courts, soit des petits producteurs vendant directement aux consommateurs des produits agricoles.

Il y a définitivement un défi pour faire connaître les différents circuits courts qui s’offrent à nous. On doit soutenir les petites entreprises locales à développer des circuits courts. Ça ne devrait pas juste reposer sur les épaules des fermiers, car ils en ont déjà plein les bras estime-t-elle.

Un plant de tomates qui sont encore vertes.

Les Jardins Tomates & Camomille offrent des paniers de légumes qui se vendent rapidement chaque année.

Photo : Radio-Canada / Vanessa Limage

L’étude des crédits budgétaires provinciaux en agriculture débutera à la fin du mois d’avril. Émilise Lessard-Therrien assure qu’elle tentera de sensibiliser à nouveau le gouvernement à l’importance d’allouer des fonds pour le maintien et la vitalité des fermes maraîchères dans la région.

Ça va vraiment être une occasion de questionner à nouveau le ministre de l’Agriculture sur les choix d’investissements qu’il fait pour soutenir l’autonomie alimentaire du Québec, souligne la députée solidaire.



Reference-ici.radio-canada.ca

Leave a Comment