Des oligarques russes non sanctionnés ont des liens d’affaires en Alberta



Le Canada a déjà imposé une série de sanctions économiques contre la Russie et des dizaines de ses oligarques accusés de soutenir le président Poutine.

J’appelle le gouvernement du Canada et nos alliés du monde entier à geler les avoirs des milliardaires de la Russie de Poutine, ses facilitateurs qui ont des actifs ici au Canada et partout dans le monde , a déclaré Jason Kenney à l’Assemblée législative de l’Alberta la semaine dernière.

Selon Jason Kenney, le fonds de pension public de la province, la société AIMCo, possède environ 159 millions de dollars en titres russes, mais la société a commencé à liquider ces avoirs.

Plusieurs hommes figurant sur une liste du département du Trésor américain qui recense des personnes ayant des liens présumés avec Poutine ont bénéficié d’affaires en Alberta. Ils ne figurent pas sur la liste des sanctions du Canada.

Roman Abramovich détient une participation de 28,6 % dans Evraz, une entreprise sidérurgique basée au Royaume-Uni avec des bureaux nord-américains en Alberta et en Saskatchewan.

Evraz North America fournit 58 % de l’acier utilisé pour construire l’extension de 1150 kilomètres du pipeline Trans Mountain. Le gouvernement fédéral affirme que tous ces tuyaux ont été livrés à l’été 2021.

La société est également un fournisseur majeur du pipeline Coastal GasLink et a fourni des matériaux pour le projet Keystone XL, depuis annulé par le gouvernement américain, mais que Jason Kenney veut faire renaître.

Roman Abramovich a aidé à lancer la présidence de Poutine et a été un conseiller clé dans la sélection de son cabinet.

Au printemps dernier, l’oligarque milliardaire Igor Makarov est également devenu le principal actionnaire d’une société de gaz naturel basée à Calgary.

Selon les documents déposés par Spartan Delta Corp., le groupe d’investissement de Igor Makarov, ARETI Energy S.A., détient une participation de 21 % dans l’entreprise.

Ni l’ARETI ni M. Makarov ne font ou n’ont jamais fait l’objet de sanctions gouvernementales , a écrit un porte-parole d’ARETI dans un courriel.

M. Makarov n’a jamais été un “proche de Poutine”.

Sur une liste américaine de proches de Poutine

Un total de 58 particuliers et entreprises russes ont été frappés par des sanctions la semaine dernière dans le cadre des mesures de représailles du Canada à l’invasion russe.

Les deux hommes d’affaires ne figurent pas sur cette liste, bien qu’ils figurent sur une liste du département du Trésor américain qui a nommé 210 personnes soupçonnées de liens avec le Kremlin. La liste a été critiquée pour avoir tiré certaines de ses informations d’un classement du magazine Forbes des riches oligarques.

Affaires mondiales Canada n’a pas répondu aux questions spécifiques sur les sanctions imposées contre les oligarques avec des liens avec le secteur des ressources.

La vice-première ministre Chrystia Freeland a été interrogée spécifiquement sur Roman Abramovich et la société Evraz lors d’une conférence de presse mardi.

Nous examinons attentivement les avoirs de tous les oligarques russes et des entreprises russes au Canada, a-t-elle déclaré.

Chrystia Freeland a laissé entendre que davantage de sanctions économiques pourraient être annoncées dans les jours à venir.

L’agence de presse Reuters a publié un article en début de semaine affirmant que Roman Abramovich, qui détient le club de football de Chelsea en Angleterre, a tenté de négocier pour la paix en Ukraine.

Les deux autres principaux actionnaires d’Evraz sont Alexander Abramov (19,3 %) et Aleksandr Frolov (9,6 %). Les deux hommes figurent sur la même liste des États-Unis, bien que le pays n’ait sanctionné aucun des trois hommes.

Valeur symbolique, plutôt qu’économique

Un économiste affirme que des sanctions du Canada contre des oligarques comme Roman Abramovich et Igor Makarov n’auraient probablement pas beaucoup d’impact économique, mais auraient une valeur symbolique.

Pour le moment, il est très difficile d’imposer de nouvelles sanctions à ces propriétaires russes, a déclaré Yrjö Koskinen, doyen associé à la Haskayne School of Business de l’Université de Calgary.

Il explique que les sanctions imposées par les pays occidentaux, jusqu’à présent, ont eu tendance à cibler les entreprises détenues à plus de 50 % par des Russes.

Peut-être que cela devrait changer et qu’il serait judicieux d’en imposer à des participations de 20%, car ce sont déjà des participations très importantes.

Le Canada a interdit les importations de pétrole brut en provenance de Russie. Le pays n’a importé aucun brut de Russie depuis 2019, mais il importe des produits pétroliers raffinés.

Avec les informations d’Elise von Scheel



Reference-ici.radio-canada.ca

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