Des matchs de hockey olympiques diffusés en inuktitut et en cri de l’Est | Jeux olympiques


En inuktitut, la couverture sera assurée à partir de Toronto par Pujjuut Kusugak et David Ningeonam. Elle débutera le 2 février par le match féminin Suisse c. Canada et comptera en tout 15 matchs.

Pujjuut Kusugak n’en est pas à sa première couverture olympique. L’ancien maire de Rankin Inlet, au Nunavut, avait été commentateur pour la chaîne APTN lors des Jeux olympiques de 2010, une expérience qu’il avait grandement appréciée.

Bien qu’il reconnaisse que les techniques de couverture ont peut-être changé depuis, l’entraîneur de hockey, qui a aussi déjà joué au niveau AAA, estime qu’il ne pouvait pas rater cette nouvelle occasion, qui lui a été offerte le mois dernier.

« Couvrir les Jeux de 2010 a été probablement le travail le plus plaisant de ma vie, donc je me devais de sauter sur cette nouvelle occasion. »

— Une citation de  Pujjuut Kusugak, commentateur en inuktitut

Également originaire de Rankin Inlet, David Ningeonam est aussi un habitué du micro. Il a couvert de nombreux matchs de hockey pour des radios locales, mais aussi pour CBC Iqaluit, pour qui il a couvert les Jeux d’hiver de l’Arctique.

David Ningeonam a la certitude qu’il apprendra beaucoup de choses de cette première expérience olympique, notamment par le fait que, pour la première fois, il ne sera pas seul à commenter les matchs.

Considérant être dans une période excitante pour la visibilité des langues autochtones, David Ningeonam souhaite désormais retrouver davantage de matchs de la Ligue nationale de hockey (LNH) en langue autochtone. Il a d’ailleurs confié que de décrire des matchs de la LNH serait une tâche à laquelle il s’adonnerait absolument et sans hésitation.

Les cérémonies offertes en cri de l’Est

La couverture en cri de l’Est se fera de Montréal, et sera offerte par Betsy Longchap et Dorothy Stewart.

Cette dernière, qui anime l’émission matinale de langue crie Winschgaoug (CBC North), avait déjà effectué un exercice similaire il y a quelques mois, lors des Jeux olympiques de Tokyo.

Dorothy Stewart

Dorothy Stewart est membre de la nation crie de Wemindji et animatrice à CBC North.

Photo : CBC

Elle confie d’ailleurs n’avoir jamais pensé qu’elle se ferait offrir une nouvelle occasion du genre, et se dit fébrile à l’idée de faire évoluer la langue de cette manière.

« Nous espérons inspirer de plus jeunes générations à utiliser davantage cette langue et à la garder vivante. »

— Une citation de  Dorothy Stewart, commentatrice en cri de l’Est

Betsy Longchap, quant à elle, co-anime Wiih’teh, le premier balado en langue crie de CBC. Bien qu’étant supportrice de hockey, Betsy Longchap a vu cette offre de couvrir les Jeux olympiques comme un défi, notamment par la difficulté reliée à la traduction du jargon du hockey en cri.

« J’ai visionné du hockey, et je me disais dans ma tête : “O.K., voilà comment je dirais pénalité, but, etc.” »

— Une citation de  Betsy Longchap, commentatrice en cri de l’Est

La couverture en cri de l’Est inclura quatre matchs de hockey, ainsi que les cérémonies d’ouverture et de clôture.

Une pratique de plus en plus courante

La diffusion de hockey en langue autochtone germe peu à peu dans l’espace médiatique. En 2019, la chaîne télévisuelle autochtone APTN a annoncé sa collaboration avec le diffuseur Sportsnet en vue de diffuser des matchs de la Ligue nationale de hockey en langue crie.

L’ancien joueur de hockey professionnel et chef des relations avec les Premières Nations au centre Nikanite de l’Université du Québec à Chicoutimi, Francis Verreault-Paul, voit cette pratique d’un très bon œil.

Francis Verreault-Paul s'entraînant sur la glace en 2011.

Francis Verreault-Paul a porté les couleurs des Redmen de 2008 à 2012, après un stage junior avec les Saguenéens de Chicoutimi (Archives).

Photo : La Presse canadienne / Mike Dembeck

Rappelant que, au sein des Premières Nations, le hockey est un sport qui est regardé, couru, pratiqué, par beaucoup beaucoup de gens, l’Innu, qui siège aussi au nouveau comité pour stimuler le développement du hockey au Québec, dit être certain que ces diffusions seront suivies avec intérêt.

« Dans un certain temps, lorsqu’on parlait des Autochtones, c’était souvent en lien avec des mauvaises nouvelles. »

— Une citation de  Francis Verreault-Paul, ancien joueur de hockey professionnel et chef des relations avec les Premières Nations au centre Nikanite de l’Université du Québec à Chicoutimi

À cet effet, il affirme considérer CBC/Radio-Canada comme étant novateur et audacieux. Moi, je salue l’initiative et je suis sûr que ça va sensibiliser plein d’autres gens, puis faire des petits pour d’autres actions de ce genre, conclut-il.

Espaces autochtones



Reference-ici.radio-canada.ca

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