Des lacunes dans la gestion des pesticides en Alberta, selon le vérificateur général


Dans son rapport, Doug Wylie souligne que le ministère de l’Environnement et des Parcs ne s’assure pas de façon proactive du respect de sa propre réglementation. Il se base plutôt sur des plaintes du public pour enquêter.

Il n’existe pas non plus de processus pour s’assurer que les programmes en place remplissent leurs objectifs.

Il souligne également que les processus censés assurer que les pesticides sont employés par des personnes certifiées ne sont pas suffisants. Les données publiques sur la vente de pesticides dans la province ne sont pas à jour et sont parfois inexactes.

Plus de 80 produits [vendus en 2018] n’étaient pas homologués au Canada, peut-on lire dans le rapport. Un tiers de ces produits avaient vu leur homologation être révoquée depuis au moins 10 ans.

Selon le rapport, le ministère admet que des produits illégaux ont pu être vendus en Alberta, mais croit que la liste pourrait comporter des erreurs. Il n’entend pas poursuivre les contrevenants puisque le délai de prescription de deux ans a été dépassé. 

Ces résultats sont inquiétants en eux-mêmes, fait valoir en entrevue le vérificateur général adjoint, Eric Leonty. Il précise que les lacunes identifiées mettent à risque la santé et la sécurité des Albertains et de l’environnement, mais également la confiance du public.

Le vérificateur général de l'Alberta Doug Wylie lors d'une conférence de presse.

Le vérificateur général de l’Alberta, Doug Wylie, affirme que les lacunes dans la gestion des pesticides menacent la santé des Albertains.

Photo : Radio-Canada

Le rapport suggère aussi que des accréditations sont accordées à des Albertains qui enfreignent la réglementation : Par exemple, le ministère a accordé une accréditation à un individu qui avait précédemment procédé à des épandages aériens de pesticides à un moment où il était interdit de le faire en raison des conditions météorologiques.

Le département en charge du respect de la réglementation sur les pesticides ne compte que trois employés, selon le rapport. On y apprend aussi que le ministère a cessé de mener des inspections proactives, c’est-à-dire n’émanant pas d’une plainte, en 2017, principalement en raison d’un manque de ressources.

Manque de transparence dans le nettoyage des puits de pétrole

Doug Wylie s’est également penché sur le Programme de réhabilitation des sites, un investissement de 1 milliard de dollars d’argent fédéral dans le nettoyage des installations pétrolières et gazières inactives en Alberta.

Le programme, géré par le gouvernement provincial, visait à maintenir des emplois dans le secteur des services pétroliers au début de la pandémie de COVID-19 et à accélérer le nettoyage des dizaines de milliers de puits de pétrole et de gaz inactifs que compte la province.

Le vérificateur conclut que le programme est globalement bien géré et que les fonds ont été alloués de façon efficace à des entreprises de services pour des travaux de désaffection et de décontamination de sites inactifs. 

Il note cependant deux lacunes. La première est que le ministère de l’Énergie n’a pas mis en place des mécanismes permettant de prévoir et de s’ajuster à certains facteurs de risque comme l’augmentation des prix du pétrole et une concurrence accrue pour la main-d’œuvre entre les travaux de nettoyage et de forage de nouveaux puits.

Une plateforme pétrolière dans un champ.

Une puits de gaz, près de Donalda en Alberta, en train d’être sellé par l’entreprise Performance Energy grâce au Programme de réhabilitation des sites.

Photo : Radio-Canada / François Joly

La province a jusqu’au 31 mars 2022 pour allouer les 412 millions de dollars restants dans le programme. Les sommes non allouées devront être retournées au gouvernement fédéral.

Le rapport déplore également que la province ne dévoile pas le nombre de puits nettoyés grâce au programme. La Saskatchewan et la Colombie-Britannique dévoilent pourtant le nombre de puits nettoyés grâce à leur portion du financement fédéral.

En termes de transparence, l’Alberta montre l’exemple en publiant chaque semaine le nombre de demandes de subvention reçues, combien sont présentement examinées et combien ont été approuvées, de même que des mises à jour sur le montant total des subventions versées, répond par courriel le porte-parole du ministère de l’Énergie, Alex Puddifant.

Le ministère de l’Énergie précise avoir approuvé le financement pour la fermeture de 18 340 puits. Cette étape du processus de nettoyage consiste à boucher le puits et à retirer les infrastructures de surface comme les pompes et les réservoirs d’eau. 

L’étape suivante, c’est-à-dire la remise en état des sites à leur état naturel, a été approuvée pour 9043 anciens puits. 

Les certificats de remise en état sont émis par la Régie albertaine de l’énergie (AER). Il peut s’écouler plusieurs années entre la fin des travaux et l’obtention du certificat.

L’Alberta compte toujours 90 000 puits inactifs, soit 7000 de moins qu’en août 2020.



Reference-ici.radio-canada.ca

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