Des emplois de fonctionnaires provinciaux créés dans l’Est-du-Québec


En plus de ceux implantés à Gaspé, à New Richmond, à Matane et à Baie-Comeau, une douzaine d’autres bureaux gouvernementaux seront implantés à Alma, à La Malbaie, à Shawinigan, à Lac-Mégantic, à Maniwaki, à La Sarre, à Thetford Mines, à Rawdon, à Rivière-Rouge, à Sorel-Tracy et à Victoriaville pour accueillir les employés de diverses organisations de l’administration publique.

La régionalisation de ces emplois devra se faire en priorité dans les Municipalité régionale de comté dont l’indice de vitalité économique est le plus faible.

Au moins 2000 emplois doivent être transférés à l’extérieur des grands centres urbains d’ici le 30 septembre prochain.

Le préfet de la Municipalité régionale de comté des Basques, Bertin Denis, se réjouit de voir cette décentralisation, mais croit qu’il qu’un bureau supplémentaire au Bas-Saint-Laurent aurait eu sa place. La Municipalité régionale de comté affiche un indice de vitalité économique parmi les plus faibles au Québec.

C’est sûr que je pense qu’on aurait mérité un bureau, mais quels sont les critères? Quels sont les critères sur lesquelles ils vont faire cette décentralisation-là? Est-ce qu’on peut s’inscrire là-dedans? Ça, ce sont toutes des choses à voir puis on va se mettre au travail, indique-t-il.

Pascal Bérubé en conférence de presse.

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, salue cette décentralisation, mais affirme que plusieurs questions restent sans réponse quant au déplacement de ces fonctionnaires. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Pour le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, il s’agit d’une bonne nouvelle, même si des questions demeurent sans réponse.

Avec les infrastructures qu’on a, téléphonie cellulaire, Internet haute vitesse, le télétravail peut se faire à partir de chez nous. On a vécu l’expérience pendant la pandémie et il y a beaucoup à gagner pour les fonctionnaires en termes de qualité de vie. Donc, c’est intéressant, mais il va falloir voir ce que ça veut dire concrètement, affirme-t-il.

« Combien d’emplois, de gens qui vont habiter le territoire, vont être chez nous, vont gagner de bons salaires à partir de La Matanie, de La Mitis ou de La Matapédia? C’est là le test.  »

— Une citation de  Pascal Bérubé, député de Matane-Matapédia

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy, demande lui aussi au premier ministre de préciser certains aspects de cette décentralisation. Il se questionne notamment sur le pouvoir décisionnel qui sera attribué aux fonctionnaires en région.

Qu’est-ce qu’on va donner du pouvoir décisionnel aussi à ces gens-là pour être en mesure de faire la différence sur notre territoire. C’est-à-dire que, est-ce que le ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs, s’il délocalise une partie de [ses] fonctionnaires, est-ce que le processus décisionnel vient avec, entre autres, pour les proportions de territoire qui vont recevoir ces fonctionnaires-là? Il y a un nombre considérable de questions, poursuit-il.

Sylvain Roy applaudit tout de même cette initiative, mais rappelle qu’il y a aussi d’autres enjeux à régler soit ceux des centres de la petite enfance et des logements, par exemple, qui devront accueillir les fonctionnaires et leurs enfants.

Je suis pour. C’est sûr qu’on est pour ça, mais en même temps, il faut être cohérent, être logique et comprendre la dynamique que nous vivons. Si le gouvernement est sérieux, très sérieux, bien qu’il règle les problématiques d’attractivité puis de rétention de la population, souligne le député.

Le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny.

Le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, se réjouit de l’arrivée de fonctionnaires puisque sa ville affiche un déclin démographique depuis plusieurs années. (archives)

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

De son côté, le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, se réjouit de recevoir de nouveaux résidents dans une ville qui présente un déclin démographique depuis plusieurs années.

C’est une très très bonne nouvelle. On avait fait plusieurs revendications en ce sens à l’Union des municipalités du Québec et au caucus des municipalités régionales. On s’était, ensemble, fait une position commune pour demander au gouvernement Legault de respecter sa promesse. Ça semble être le cas, s’enthousiasme-t-il.

Yves Montigny estime toutefois lui aussi qu’un nouveau défi émerge avec l’arrivée potentielle de ces nouveaux Baie-Comois, soit celui de la disponibilité des logements.

Daniel Côté, maire de Gaspé.

Le président de l’UMQ et maire de Gaspé, Daniel Côté, salue cette annonce de la part de Québec. (archives)

Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares

Dans un communiqué, le président de l’Union des Municipalités du Québec (UMQ) et maire de Gaspé, Daniel Côté, se réjouit de cette annonce qui, selon lui , soutiendra la vitalité économique des villes-centres en région.

Cela démontre concrètement que les municipalités de centralité ainsi que les cités régionales sont au cœur du développement régional, et rayonnent au-delà même de leur territoire. Clairement, l’expertise du terrain et les réalités de chaque milieu seront au bénéfice des politiques et décisions gouvernementales, soutient-il, toujours par communiqué.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a fait l’annonce de ces transferts jeudi, en compagnie de la ministre responsable de l’Administration gouvernementale et présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, et du député de Gatineau, Robert Bussière.

« Nous remplissons l’une de nos grandes promesses pour les régions. En 2018, on s’était engagé à transférer, sur 10 ans, 5000 emplois de la fonction publique de Québec et Montréal vers les régions. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec, par communiqué

Je suis convaincu que c’est plus efficace de décentraliser parce que, quand on a une grosse structure à Québec, ça devient plus impersonnel et moins efficace. Les gens sont moins motivés. Quand les gens sont à proximité, sur le terrain, ils n’ont pas le choix. Ils rencontrent les citoyens en allant faire leur épicerie. Donc, ils ont un feed-back s’il y a un problème dans la façon dont le service est donné. Donc, la décentralisation, pour moi, ça égale l’efficacité, a commenté le premier ministre en conférence de presse.

Ce plan de régionalisation de la fonction publique vise à offrir de meilleurs services publics aux Québécois, peu importe l’endroit où ils se situent sur le territoire.

Il permettra également aux futurs candidats de viser une carrière dans l’administration publique sans avoir à quitter leur région natale. En plus d’élargir le bassin de main-d’œuvre, il permettra à l’État de bénéficier de talents provenant de partout au Québec, indique Québec, par communiqué.

La relocalisation de ces emplois se fera par l’embauche de personnel en région pour des emplois devenus vacants dans les zones urbaines, par la création de nouveaux emplois en région et par le déménagement volontaire en région de personnes qui occupent des emplois dans la fonction publique.

Les ministères et les organismes gouvernementaux ont déjà commencé à embaucher du personnel pour pourvoir ces postes.

Avec les informations de Jean-François Deschênes et de Lambert Gagné-Coulombe



Reference-ici.radio-canada.ca

Leave a Comment