Les deux autres cas ont été trouvés chez deux oies des neiges à Saint-Jean-sur-le-Richelieu et à Saint-Isidore-de-Laprairie, en Montérégie.

Ces détections étaient attendues du ministère de la Faune, puisque plusieurs cas chez des oiseaux sauvages et d’élevage ont été recensés, depuis décembre 2021, ailleurs au Canada et aux États-Unis. Cinq fermes du sud de l’Ontario ont d’ailleurs récemment été placées en quarantaine par les autorités gouvernementales.

Cette souche circule également depuis 2020 dans une trentaine de pays en Europe. Les oiseaux sauvages peuvent introduire et propager le virus le long des voies migratoires.

C’était juste une question de temps, c’est juste surprenant qu’on n’en ait pas trouvé avant. Avec ce qu’on connaît déjà des problématiques qu’ils ont en Europe depuis plusieurs mois associées à ce virus-là, malheureusement, au moment qu’il a traversé et s’est retrouvé en Amérique du Nord, c’est sûr qu’on fait face à une problématique, explique le Dr Carl A. Gagnon, qui est professeur titulaire à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. 

La contagion rapide en Amérique du Nord représente un cas exceptionnel, remarque le professeur.

Les anciens vétérinaires sur le terrain, les plus âgés, n’ont jamais vu ça dans leur carrière. Oui, on a eu, en Amérique du Nord et même au Canada, des éclosions dans des élevages de sources hautement pathogènes. Ce n’est pas la première fois qu’on voit ça, mais la grosse différence, c’est que ça a toujours été bien circonscrit, bien contrôlé, souligne-t-il.

Malheureusement, présentement, on a une souche qui se transmet de façon fulgurante chez les oiseaux sauvages, et ce sont les oiseaux sauvages qui sont en train de la transmettre partout sur le territoire Nord-Américain, ajoute-t-il.

Cet élément de nouveauté n’a rien pour rassurer les éleveurs de volailles de la province, qui craignent que des troupeaux d’élevage soient éventuellement infectés.

C’est la première fois qu’on est vraiment très près. On a des cas en Ontario, on a des cas en Nouvelle-Écosse. On est vraiment encerclés, et on sait que les oiseaux migratoires ont les mêmes couloirs au Québec que dans ces provinces-là, s’inquiète le président des Éleveurs de volailles du Québec Pierre-Luc Leblanc. 

« C’est la première fois qu’on est vraiment craintif. On est très à risque actuellement. »

— Une citation de  Pierre-Luc Leblanc, président des Éleveurs de volailles du Québec

Des conséquences « dramatiques » pour les troupeaux d’élevage

Le virus provoque généralement peu de symptômes cliniques chez les oiseaux sauvages, mais les oiseaux domestiques y sont plus sensibles. Les conséquences d’une infection dans un troupeau d’élevage sont donc dramatiques , indique M. Leblanc. 

C’est un très fort taux de mortalité dans les troupeaux. Le reste du troupeau est euthanasié parce qu’on ne veut pas risquer de répandre la grippe aviaire partout au Québec. Ces oiseaux-là ne se retrouveront pas sur les tablettes s’ils sont contaminés d’une façon ou d’une autre, explique-t-il. 

Si des troupeaux sont infectés, l’industrie pourrait donc éventuellement être incapable de répondre à la demande des consommateurs, craint-il. On est sous gestion de l’offre, on produit ce dont la population a besoin, donc s’il arrivait quelques éclosions au Québec, ça pourrait nous mettre à risque face à un approvisionnement adéquat pour la population québécoise et canadienne.

M. Leblanc soutient que les éleveurs redoublent d’efforts pour réduire les risques de contamination, en changeant par exemple leurs bottes avant d’entrer dans les aires d’élevage pour éviter tout contact qui peut provenir de l’extérieur

Il demande aussi au public d’appeler les services gouvernementaux appropriés en cas de découverte d’oiseaux morts. Si on travaille tous ensemble et que les producteurs maintiennent une bonne biosécurité sur leur ferme, on va améliorer nos chances d’être épargnés […] On a besoin de tout le monde pour nourrir la population adéquatement.

Rares transmissions à l’humain

La grippe aviaire est peu transmissible à l’humain. Dans de très rares cas, le virus a affecté des travailleurs en contact étroit et soutenu avec de la volaille infectée en milieu clos, explique le Dr Carl A. Gagnon. 

C’est sûr que le virus qui circule présentement n’a pas une facilité à infecter les humains. Ça prend des humains qui sont en contact étroit et de façon fréquente avec des oiseaux contaminés, souligne-t-il. 

Il lance toutefois une mise en garde. 

Il faut toujours garder en tête que l’influenza est un virus qui mute beaucoup. […] L’influenza, c’est un champion à créer des variants par rapport au coronavirus. Dans ce contexte-là, il faut essayer d’éviter le plus possible de contacts avec les humains pour éviter de donner une chance au virus de s’adapter à un hôte comme l’humain, indique-t-il. 

Avec les informations de René Cochaux 



Reference-ici.radio-canada.ca

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