De nombreuses photos présentées au procès de Steve Lévesque, accusé de meurtre


Jean-Philippe Desjardins, technicien en scène de crime, est le septième témoin de la Couronne. Il est interrogé par la procureure Manon Gaudreault.

Tout au long de son témoignage, il doit présenter sept albums-photos à la cour. Les clichés ont été pris à divers endroits considérés comme importants dans la perpétration du meurtre présumé. Les membres du jury prennent connaissance des clichés et les regardent avec attention.

Le premier album présenté contient les photos prises au domicile de Mario Lafontaine à Sainte-Anne-des-Monts, lieu où le meurtre aurait été perpétré.

L’agent Desjardins a expliqué qu’il s’est rendu sur les lieux pour une première fois le 23 janvier 2020 vers 21 h. Il était notamment accompagné de l’enquêteur Steeve Girard, assigné au dossier.

Jean-Philippe Desjardins affirme que peu de temps après son arrivée, il a commencé à prendre des photos pour figer la scène dans le temps, avant que les policiers ne procèdent plus tard à une fouille approfondie des lieux.

Une vue d'ensemble de la salle à manger du domicile de Mario Lafontaine.

Jean-Philippe Desjardins a d’abord présenté des photos prises au domicile de Mario Lafontaine.

Photo : Sûreté du Québec

Au fil de la prise de clichés, certains éléments ont retenu l’attention de M. Desjardins. Le témoin a notamment expliqué qu’il avait remarqué de petites taches rougeâtres retrouvées sur le bas du réfrigérateur, la poubelle et des chaises de cuisine.

Pendant la présentation de ces photos, des membres de la famille de la victime qui assistent au procès ont montré des signes d’émotion et de nervosité.

Des taches rouges sur une patte de chaise chez Mario Lafontaine.

Des taches rouges ont aussi été retrouvées sur les pattes de certaines des chaises de cuisine.

Photo : Sûreté du Québec

Jean-Philippe Desjardins soutient que, lorsqu’il a noté la présence de ces taches, il a contacté des collègues du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale situé au quartier général de la SQ à Montréal pour leur demander de l’aide, car ils possèdent notamment de l’expertise en ce qui concerne les projections de sang.

Deux biologistes judiciaires ont pris la route dès le lendemain matin pour Sainte-Anne-des-Monts.

M. Desjardins a quitté le domicile de Mario Lafontaine plus tard dans la nuit avant d’y revenir le matin.

Le technicien en scène de crime s’est alors attardé à la prise de photos spécifiques, notamment du contenu de la poubelle noire retrouvée à l’extérieur du domicile. Une bouteille de plastique qui se trouvait dans la poubelle a été saisie par les policiers.

Une bouteille de Powerade dans une boîte de gâteaux déposée au sol avec un marqueur jaune de police.

Cette bouteille a été retrouvée dans une boîte de petits gâteaux qui se trouvait dans la poubelle extérieure du domicile de Mario Lafontaine. Cette bouteille a été saisie par les policiers et déposée en preuve lors du procès.

Photo : Sûreté du Québec

Il a aussi pris des plans plus rapprochés des lieux, notamment du réfrigérateur où des traces d’essuyage ont été constatées. Ça avait attiré mon attention lors de l’examen préliminaire [des lieux], a-t-il déclaré à la cour.

Une petite tache rouge de moins d'un centimètre sur la porte du réfrigérateur en acier inoxydable.

De petites taches rouges ont été retrouvées à quelques endroits au domicile de Mario Lafontaine, dont celle-ci, sur la porte du réfrigérateur.

Photo : Sûreté du Québec

Selon son témoignage, les biologistes judiciaires, arrivés sur les lieux vers 14 h, ont ensuite employé du luminol, un produit qui permet de révéler des traces de sang qui auraient été essuyées.

Selon Jean-Philippe Desjardins, le luminol a permis aux biologistes de cibler certains endroits de la résidence où du sang aurait été retrouvé, dont le plancher de la cuisine et une bouteille de produit de nettoyant retrouvé dans l’armoire sous l’évier de la cuisine.

Un marqueur jaune est déposé sur le sol de la cuisine chez Mario Lafontaine.

Le luminol employé par les biologistes judiciaires a révélé des traces de sang sur le plancher de la cuisine.

Photo : Sûreté du Québec

Le technicien en scène de crime a poursuivi son témoignage en expliquant qu’après le départ des biologistes vers 20 h, les policiers et l’enquêteur ont procédé à une fouille plus approfondie de la résidence.

Ils ont saisi un ordinateur portable, la bouteille de nettoyant qui a réagi au test de luminol, un rouleau d’essuie-tout retrouvé dans la même armoire de cuisine située sous le lavabo et un emballage vide de huit rouleaux d’essuie-tout retrouvé dans la poubelle de la cuisine.

Un rouleau d'essuie-tout sur lequel des traces rougeâtres sont visibles.

Des traces rougeâtres sont visibles dans ce rouleau d’essuie-tout retrouvé au domicile de Mario Lafontaine. Ce rouleau a été saisi par les policiers et déposé en preuve lors du procès.

Photo : Sûreté du Québec

Une seule empreinte digitale a été décelée sur la scène, selon Jean-Philippe Desjardins. L’empreinte d’une paume de main a été prélevée sur la poignée du congélateur dans la cuisine. Les policiers l’ont identifié comme appartenant à Maxime Labrie.

Le témoin précise que les policiers ont quitté cette résidence vers 23 h 55, le 24 janvier.

Visite du domicile de la victime

Le technicien en scène de crime s’est rendu au domicile de la victime, Maxime Dugas-Lepage, à Sainte-Anne-des-Monts, le 24 janvier vers 1 h 50, dans l’attente de l’arrivée des biologistes judiciaires au domicile de Mario Lafontaine.

À son arrivée chez Maxime Dugas-Lepage, Jean-Philippe Desjardins dit avoir pris des photos comme il l’a fait sur les lieux précédents. Ce sont des photos qui sont présentées à la cour dans le deuxième album.

Jean-Philippe Desjardins relate que l’enquêteur et lui n’ont rien constaté de particulier sur les lieux, sauf du courrier adressé à la victime sur la table de cuisine.

Vêtements des suspects

Jean-Philippe Desjardins soutient qu’il a été rappelé en lien avec cette affaire le 26 janvier, vers 1 h du matin.

Deux hommes, Maxime Labrie et Steve Lévesque, venaient alors d’être arrêtés à Rimouski en lien avec le dossier du meurtre de Maxime Dugas-Lepage.

M. Desjardins raconte qu’il a alors eu comme tâche de photographier les vêtements que portaient les suspects au moment de leur arrestation. Ces photos composent le troisième album présenté à la cour.

Selon le témoignage du technicien en scène de crime, rien de particulier n’a été noté à première vue sur les vêtements de l’accusé Steve Lévesque.

Seule une petite tache brunâtre sur la veste de Maxime Labrie a été remarquée par les policiers.

Une veste noire avec un logo en forme d'armoiries d'arts martiaux.

La veste que portait Maxime Labrie au moment de son arrestation le 25 janvier à Rimouski. Une tache brunâtre a été retrouvée sur cette veste.

Photo : Sûreté du Québec

Le témoignage de Jean-Philippe Desjardins doit se poursuivre mercredi après-midi par la présentation de photos du véhicule des suspects et du domicile de Maxime Labrie à Rimouski.



Reference-ici.radio-canada.ca

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