Comprendre les impacts de la fonte des glaciers des T.N.-O. et du Nunavut


Niché entre les sommets montagneux de la réserve du parc national Nahanni, aux Territoires du Nord-Ouest, le glacier Bologna est une réserve d’eau et sert de couloir de transport pour des animaux tels que le caribou, le porc-épic et le carcajou.

Comme ailleurs au pays, ce glacier fond et rétrécit sous l’effet du réchauffement climatique, ce qui rend l’avenir incertain pour les espèces qui le traversent et les écosystèmes qui existent en dessous, y compris la rivière Nahanni Sud, dans laquelle s’écoule son eau de fonte.

Mark Ednie, un scientifique de Ressources naturelles Canada, explique qu’il faudra cependant plus que son étude pour comprendre quelles seront les conséquences des changements rapides associés au glacier sur le territoire traditionnel des Premières Nations Dehcho.

Il nous faut des équipes plus grandes et des chercheurs aux spécialités différentes pour comprendre ce que cela implique. Il fait pourtant partie d’un effort visant à comprendre comment le glacier évolue.

M. Ednie et deux de ses collègues de Ressources naturelles Canada se préparent à une mission de plusieurs semaines qui commence ci mois-ci pour étudier quelques-uns des glaciers les plus importants du pays.

Comme il le fait deux fois par an, le scientifique visitera le glacier Bologna, ainsi que les glaciers Peyto en Alberta et Helm en Colombie-Britannique.

Une carte montrant des glaciers situés dans l'ouest et le nord du Canada.

Ce printemps, trois scientifiques de Ressources naturelles Canada étudieront huit glaciers répartis entre les T.N.-O., le Nunavut, l’Alberta et la Colombie-Britannique.

Photo : Avec la permission de David Burgess

Ses homologues David Burgess et Bradley Danielson se rendront, quant à eux, dans le haut Arctique. Ils devront récolter des données sur les calottes glaciaires Agassiz, Meighen et Devon, sur le glacier Grise Fiord du Nunavut, et sur la calotte glaciaire Melville, des Territoires du Nord-Ouest, dans le cadre d’un voyage qu’ils effectuent une fois par an.

Une fonte sans précédent

David Burgess affirme que les observations faites sur la calotte glaciaire Devon, en particulier, sont très frappantes. En comparant les données recueillies sur place à des carottes de glace datant de 10 000 ans, il a pu déterminer que la fonte de la calotte glaciaire, depuis le milieu des années 2000, était sans précédent depuis plusieurs milliers d’années.

À Grise Fjord, le glacier a perdu plus de 55 % de sa superficie entre 1960 et 2016, ajoute-t-il.

David Burgess note que les glaciers du haut Arctique sont parmi les plus gros contributeurs à la montée du niveau des mers, qui a des conséquences locales et mondiales. Les niveaux minimes de montée des eaux, associés à des conditions météorologiques extrêmes, ont des effets graves sur les communautés côtières, soutient-il.

Montage de deux photos prises en 2016 et 2021 juxtaposées pour voir la différence après la fonte d'une partie d'un glacier.

Le glacier de Bologne a bien changé entre l’été 2016 et l’été 2021. Selon le scientifique Mark Ednie, la personne sur l’image du bas aurait été enterrée sous 20 mètres de glace, cinq ans plus tôt.

Photo : Avec la permission de Mark Ednie

Bradley Danielson explique de son côté que les eaux des glaciers contiennent des nutriments et des sédiments qui changent les écosystèmes marins, ce qui a, par la suite, des conséquences pour les plus petites formes de vie, comme les planctons, et les plus grosses, comme les baleines.

Cela pourrait modifier les schémas de concentration de la faune et de la flore par rapport à ce qu’ils étaient auparavant, ce qui rendrait plus difficile de les trouver et obligerait les populations locales à modifier leurs habitudes pour s’adapter.

Selon David Burgess, les recherches limitées menées à Grise Fjord montrent, jusqu’à présent, que l’eau de fonte a donné un nouvel élan au niveau inférieur de la chaîne alimentaire marine dont dépendent les habitants de la communauté.

Nous ne savons vraiment pas ce qui va se passer lorsque les températures se réchaufferont et que les glaciers commenceront à relâcher davantage [d’eau]. Cela peut aller dans les deux sens. Cela pourrait empirer ou s’améliorer.

Il affirme que les huit endroits que les deux équipes de Ressources naturelles Canada étudient ce printemps sont des représentants régionaux des glaciers du Canada, ce qui les aidera à mieux comprendre les données recueillies dans d’autres régions du pays.

Avec les informations de Liny Lamberink

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Reference-ici.radio-canada.ca

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