Ces vétérans qui n’iront nulle part


Il faut que tu joues la main qui t’est brassée, a lancé l’entraîneur du Canadien dans une adaptation littérale et spectaculaire d’une expression anglophone.

Faire contre mauvaise fortune bon cœur en somme, le patron référant alors à la victoire de son équipe contre les Maple Leafs en dépit du fait que deux attaquants se soient blessés en première période et que l’entraîneur des défenseurs, Luke Richardson, ait dû demeurer à la maison pour se soumettre au protocole de la COVID.

Si St-Louis a visé juste concernant le match, il aurait très bien pu parler de l’ensemble de l’équipe en utilisant cette même expression. Le Québécois a hérité d’une équipe en pleine saison. Une équipe en lambeaux qui, visiblement, n’était plus très réceptive aux enseignements de son prédécesseur.

Le jour et la nuit, entre les deux régimes pour citer Jake Allen, la dernière d’une longue série de citations du genre.

Enfin, tout ça pour dire qu’il doit jouer les cartes qu’il a en main. Son jeu changera considérablement dans les prochains mois, particulièrement en défense.

Ben Chiarot est parti, Jeff Petry a un pied dans la porte et de ce quatuor (avec Shea Weber) qui terrorisait les attaques adverses pendant les séries l’an dernier, il ne restera que Joel Edmundson.

La défense se modernisera pour emprunter un terme cher à la nouvelle direction du Tricolore. Une défense que l’on peut imaginer plus agile, plus rapide, autant sur patins que dans l’exécution. Pensez à Jordan Harris, nouveau membre de l’organisation, Justin Barron, Kaiden Guhle. Ils ne perceront pas tous la formation dès l’an prochain, du moins, on le souhaite au CH, mais la tendance est assez claire.

Dans ce joli paysage, David Savard détonne un brin. Le monsieur en impose physiquement, mais n’est pas nécessairement le plus rapide. Taillé dans le moule des bons vieux défenseurs pénibles à affronter, il n’affiche pas toujours sa robustesse non plus. Il vient au 8e rang cette saison pour le nombre de mises en échec données par tranches de 60 minutes de jeu.

Savard lance et compte un but.

Le défenseur David Savard a disputé un solide match, samedi soir, contre les Maple Leafs de Toronto, obtenant deux points, dont un but.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Au début de l’année, ce contrat de 14 M$ pour 4 ans en a fait sourciller quelques-uns. Mais voilà que tranquillement, et particulièrement depuis son retour de blessure, le Maskoutain révèle son utilité.

Il faut que tu ailles des vétérans pour les jeunes qui s’en viennent, pour les encadrer. C’est ce qu’il est, a laissé tomber St-Louis.

L’échantillon contre les Maple Leafs est à prendre avec un grain de sel, évidemment. Savard a joué 22 min 30 s dont presque la totalité des trois désavantages numériques (4 min 28 s sur les 4 min 52 s au total), en partie parce qu’Edmundson a été chassé deux fois.

Il a donné trois mises en échec, a tiré quatre fois au filet, a réussi un but superbe en se faufilant à la dernière seconde à l’arrière de la défense torontoise avant de recevoir la passe de Laurent Dauphin. Il s’est échappé à quatre contre cinq et a sorti, infructueusement, ses mains du dimanche. Et il a terminé le match à +2 avec deux points.

À 31 ans, on s’entend, il ne menacera jamais Cale Makar, mais à mesure qu’il prend ses aises, le no 58 laisse paraître son petit côté givré. Certains le lui connaissaient, d’autres non.

Je suis un peu surpris [par ses habiletés offensives], a avoué Paul Byron. Il a des mains surprenantes. Il a un long bâton et ses feintes sont bonnes. C’est trompeur, c’est difficile de le surveiller.

Il est intelligent, il sait où se placer et quand y aller. Il est aussi étonnamment bon à l’attaque. Il avait ça dans le junior. Je l’ai affronté et quand tu as ça, tu ne le perds pas vraiment, tu dois juste avoir une chance de le montrer. C’est un grand leader au sein de l’équipe depuis le départ de plusieurs joueurs et en l’absence de (Jeff) Petry, a ajouté Allen, par ailleurs impérial samedi soir.

C’est un gros défenseur qui défend bien, bloque des lancers, va écouler des punitions. Il a plus d’offensive que je pensais. Tout le monde me dit qu’il l’avait dans le junior, a relevé St-Louis.

La qualité du jeu défensif de Savard fait foi de tout dans son cas, mais s’il peut saupoudrer ça d’un peu de feux d’artifice à l’occasion, qui s’en plaindra?

Le fait est que cette défense sera remodelée et il a toutes les chances d’en faire partie, d’abord parce que le CH risque d’avoir besoin de lui, ensuite parce que son contrat ne le rend pas particulièrement vulnérable à un échange, encore moins à un rachat.

On va voir s’il décide de me garder. Je veux rester ici, je suis bien ici. On a eu un début saison difficile, mais on voit à quel point ce groupe a du talent. On peut compétitionner contre n’importe quelle équipe et je veux en faire partie, a affirmé Savard.

Pour un Québécois, grand partisan du Canadien qui a grandi à 40 minutes du Centre Bell et qui vient de connaître possiblement son meilleur match avec cet uniforme sur le dos dans un amphithéâtre électrique par un samedi soir face aux Maple Leafs, le sentiment devait être grisant.

Pendant cette longue audition de fin de saison déterminante pour la suite des choses, la qualité de son jeu tombe à point nommé.

Paul Byron lance au but.

Paul Byron a inscrit un but et obtenu une passe contre les Maple Leafs, samedi soir, au Centre Bell.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

À l’image de Paul Byron d’ailleurs. Le petit attaquant a inscrit le but gagnant et totalise 5 points à ses 4 derniers matchs, comparativement à seulement 2 dans ses 11 premiers.

À moins d’un rachat de contrat, ce qui serait un joyeux affront à faire à un capitaine adjoint, mais qui sait, le petit ailier disputera l’année qui reste à son entente en 2022-2023.

Il fait partie de la main de Martin St-Louis, en espérant qu’il aille plus de figures qu’il ne le croyait. Joel Armia peut maintenant suivre la parade.

En rafale

Renaud Lavoie, de TVA Sports, a d’abord rapporté pendant la diffusion du match que la saison de Jonathan Drouin était terminée, le Québécois devant se faire opérer au poignet droit. Le Canadien a précisé que la décision n’était pas encore prise, puisque l’attaquant souhaite obtenir une deuxième opinion médicale avant de se soumettre à une opération. Drouin est présentement confiné chez lui puisqu’il a été désigné cas contact à la COVID. Rappelons qu’il s’était fait opérer au poignet gauche l’année dernière.

Jake Allen a été magistral dans ce gain de 4-2 du CH. Le Néo-Brunswickois a fait face à 51 tirs et a réussi un arrêt splendide sur un tir à la réception de Mitch Marner, non sans rappeler un vol similaire commis par Carey Price l’année dernière en séries éliminatoires aux dépens de la même victime. Allen a disputé les trois matchs de la semaine contre des puissances de la ligue et s’en tire avec une fiche de 1-1-1 et un taux d’efficacité de ,935 (130 arrêts sur 139 lancers).

Il a volé la partie, ont été les mots de David Savard.

Il a joué comme ça toute l’année, c’est un des plus constants. Il donne tout à l’équipe à chaque match, a renchéri Byron.

Cole Caufield a réussi un 13e but à ses 20 derniers matchs. Il s’y est pris à trois fois avant de déjouer Erik Kallgren : la première tentative sur un plomb à la réception hors l’aile a abouti dans la baie vitrée, la deuxième alors qu’il se trouvait seul devant lui aussi. La troisième un tir du poignet violent après avoir fait preuve de patience avec la rondelle a été couronnée de succès. On ne dira jamais assez à nos enfants de persévérer.

Michael Pezzetta et Tyler Pitlick, blessés au haut du corps, n’accompagneront pas l’équipe à l’étranger, du moins pour le début du voyage. Jesse Ylönen a été rappelé du Rocket de Laval.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey



Reference-ici.radio-canada.ca

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