Aider les nouvelles mamans sans jugement à Naissance Renaissance Estrie


Il s’agit d’un des rares groupes du genre à exister en Estrie, sinon le seul. Pour plusieurs mamans, comme Sylvie Bussières, cette aide a été plus que bienvenue.

J’étais nostalgique. Je pleurais beaucoup, mais vraiment beaucoup. Je préparais le souper et je partais à pleurer… mais ce n’était pas les oignons, explique la nouvelle maman du petit Elliot.

Elle ne se reconnaissait plus après la naissance de son fils. Dans le bureau du médecin, le diagnostic de dépression post-partum est rapidement tombé. Mais quoi faire avec ce diagnostic? La suite était plus nébuleuse.

Je suis repartie et je me suis dit j’avais au moins des pilules. Ça va peut-être être une pilule miracle qui va m’aider, se souvient Sylvie Bussières. Le miracle n’est toutefois pas arrivé. L’aide attendue est plutôt venue du groupe de soutien de l’organisme Naissance Renaissance.

« Juste en jaser, juste dire “Tsé!” quand quelqu’un te demande comment ça va. Dire non, pis pourquoi. »

— Une citation de  Sylvie Bussières, maman

Une aide collective

Six mamans qui se sont rencontrées durant huit semaines à l’automne dernier.

La maternité, c’est beaucoup dans nos esprits un passage qui est beau. On le rêve, on aspire à ce que ça change nos vies de façon positive. Oui, mais non, explique l’animatrice intervenante Jacinthe Camirand de Naissance Renaissance Estrie.

Elle explique qu’au Canada, une femme sur cinq vivra un épisode de dépression post-partum. Elle ajoute que la pandémie est venue ajouter un facteur de risque, celui de l’isolement.

Nous avons voulu offrir cet espace-là, du moins pour nommer les vraies choses, les dire comme on les ressent sans être jugées, souligne-t-elle.

Une mère accompagnée par son conjoint tient leur nouveau-né dans ses bras.

Au Canada, une femme sur cinq vivra un épisode de dépression post-partum.

Photo : AFP/Getty Images/Martin Bureau

Une autre maman, Mélissa Choquette, a senti pour sa part dès sa grossesse qu’elle aurait besoin d’aide.

J’ai trouvé ça hyper anxiogène. Je me suis rapidement dit : “Ouf, si je me sens comme ça maintenant, une fois que le bébé va arriver, ça risque d’être quelque chose.” J’ai voulu agir en prévention. Je me sentais fragile, explique-t-elle.

« On parle énormément du bébé pis ça, c’est correct comme ça. Mais il faut qu’il y ait une mère qui aille bien aussi pour s’occuper d’un bébé qui aille bien. On devrait en parler plus que oui c’est difficile, oui ça va l’être et oui tu as le droit d’avoir de la difficulté. »

— Une citation de  Mélissa Choquette, maman

Ne pas laisser la culpabilité prendre toute la place

La professeure au département de psychologie de l’Université de Sherbrooke, Audrey Brassard, explique qu’il y a lieu de s’inquiéter quand la maman va devenir plus anxieuse, préoccupée, mais aussi très critique envers elle-même, qu’elle commence à se sentir coupable ou qu’elle commence à vivre de la honte.

Ces signes sont ceux d’une anxiété post-partum, qui selon les études, précèdent souvent la dépression, explique-t-elle. On passe d’une fatigue chronique, mais aussi à une humeur vraiment plus noire. Il peut y avoir des idées suicidaires. Il peut y avoir l’impression qu’on n’y arrivera jamais. Une image de soi qui est très teintée négativement aussi. Le sentiment d’être vraiment inadéquat.

« Si au plan comportemental, c’est difficile même de se lever et de prendre soin de l’enfant, là c’est clair qu’il faut consulter. »

— Une citation de  Audrey Brassard, professeure au département de psychologie de l’Université de Sherbrooke

Et comme les besoins devraient persister, pandémie ou pas, les groupes de soutien de Naissance Renaissance sont là pour rester.

D’après le reportage de Christine Bureau



Reference-ici.radio-canada.ca

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