Ces gens demandent un moratoire sur les travaux à l’ancien champ de tir. Ils veulent être consultés sur l’avenir de ce terrain.

La Défense nationale a entrepris des travaux de déforestation. Ils visent à procéder à la décontamination du territoire.

Le choix de secteurs à décontaminer est également fait selon les besoins futurs du gouvernement du Nouveau-Brunswick. La province a affirmé qu’elle voulait permettre l’exploitation de bleuetières sur l’ancien champ de tir.

Selon les manifestants, il faut effectuer des consultations publiques. Ils reprochent au gouvernement du Nouveau-Brunswick de prendre des décisions unilatérales quant à l’avenir de ce lieu, sans avoir tâté le pouls de la population locale.

Mathieu Allard, un des organisateurs de la marche, se réjouissait samedi de la participation du public.

Il y avait énormément de gens, des familles, qui étaient là aujourd’hui. Ça prouve qu’il y a beaucoup de gens qui ont le camp d’armée à coeur et la région à coeur, a-t-il dit.

Des gens marchent autour d'une camionnette jaune au centre d'une rue enneigée.

Manifestation à Tracadie le 5 février 2022.

Photo : Radio-Canada / Yves Levesque

Le maire de Tracadie, Denis Losier, a évoqué la nécessité d’avoir l’appui de la population lorsqu’on veut mener des projets d’envergure comme celui-ci.

La municipalité veut faire partie de cette consultation-là. Quand on veut avoir une acceptation sociale d’un projet majeur, bien il faut quand même impliquer les partenaires, a déclaré le maire.

M. Losier a réitéré son appel à la discussion pour en arriver à une solution commune. Ce qui en sortira après, c’est un discours qui devrait plus cohérent, puis probablement plus logique d’une certaine facon, car les gens se seront consultés avant de sortir en public ou sortir devant les journalistes.

Le maire debout sur le perron d'un édifice, devant des micros, vêtu d'un manteau d'hiver.

Le maire Denis Losier s’est adressé aux personnes qui prenaient part à la manifestation, le 5 février 2022 à Tracadie.

Photo : Radio-Canada / Yves Levesque

Face aux tensions grandissantes, le maire Losier s’est inquiété publiquement d’un possible débordement et invite le gouvernement à suspendre les travaux pour consulter la population. Pour éviter que ça dégrade, on devrait s’asseoir, disait-il mardi.

La semaine dernière, Margaret Johnson, la ministre de l’Agriculture, de l’aquaculture et des Pêches au Nouveau-Brunswick, avait demandé à la Défense nationale d’interrompre momentanément les travaux de déforestation, par crainte que quelqu’un ne soit blessé.

Même si l’objectif de ces travaux est de décontaminer le terrain, des gens de la région sont sceptiques. D’aucuns affirment que cela n’est entrepris qu’au bénéfice des développeurs.

C’est le point de vue de Keith Chiasson, le député de Tracadie-Sheila.

Keith Chiasson dehors sous la neige, coiffé d'une tuque et près d'une camionnette jaune.

Keith Chiasson, député de Tracadie-Sheila, le 5 février 2022.

Photo : Radio-Canada / Yves Levesque

Ce qui est inquiétant, c’est que la décontamination se fait pour préparer les terrains à bleuets, affirme l’élu libéral. Un va avec l’autre.

Si on veut dire non aux terrains à bleuets pour le moment, il faut que le travail de décontamination dans le camp militaire soit interrompu, poursuit Keith Chiasson.

Les travaux de décontamination en cours à l’ancien champ de tir de Tracadie ne sont pas liés à la demande de propositions actuelles pour le développement de bleuets sauvages, disait pourtant la ministre Margaret Johnson, le 27 janvier.

Des manifestants brandissent des pancartes et des drapeaux devant un édifice municipal. Deux amateurs de heavy metal portant des blousons d'Iron Maiden observent la scène.

Manifestation à Tracadie le 5 février 2022.

Photo : Radio-Canada / Yves Levesque

Le député de Tracadie-Sheila s’est entretenu avec la ministre Margaret Johnson, jeudi. Il dit que lors de son entretien, la ministre a fermé la porte à un moratoire.

Le gouvernement n’a aucune intention de faire marche arrière, a déclaré Keith Chiasson. La population et moi-même voulons un moratoire.

De son côté, le maire de Tracadie, Denis Losier, a une vision plus positive de ces pourparlers.

La rencontre avec la ministre, elle a été positive elle a été productive. Elle m’a dit: on a plus discuté dans les dernières 45 minutes que dans les derniers mois, a lancé le maire aux manifestants, samedi.

D’après le reportage de Jérémie Tessier-Vigneault et avec des renseignements d’Alix Villeneuve et René Landry



Reference-ici.radio-canada.ca

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