70 ans plus tard, le bracelet d’identité d’un militaire écossais est découvert à Gimli


Tout ce que vous trouvez raconte une histoire, mais celle-ci en racontait un peu plus, lance Randy Gerylo.

L’objet était terni, selon lui, mais il a pu y lire l’inscription suivante : Granville W. Graham, 6 Alloway Place, Ayr.

Ayr est une ville portuaire dans le sud-ouest de l’Écosse qui débouche sur l’océan Atlantique Nord.

À la recherche du propriétaire

Sans hésitation, il se rend sur une page Facebook du Manitoba dédiée aux détecteurs de métaux afin d’obtenir des conseils pour retrouver le propriétaire. De fil en aiguille, il est connecté à des pages Facebook similaires en Écosse.

La nouvelle se répand alors et certains médias britanniques reprennent l’histoire.

Deux à trois semaines plus tard, avec l’aide de détectives écossais amateurs, Randy Gerylo découvre que le propriétaire du bracelet, Granville W. Graham, est décédé en 2019 à l’âge de 86 ans.

Évidemment, Randy Gerylo cherche à retrouver la famille du défunt.

Alors qu’il est sur le point d’abandonner ses recherches, un article sur cette histoire est publié dans certains journaux locaux et en ligne. Un membre de la Royal British Legion Scotland, Elliot Thomson la repère.

Grâce au coordinateur du soutien communautaire aux vétérans de la Légion, Randy Gerylo a pu déterminer que Granville W. Graham avait été membre de l’armée et que la plupart des gens le connaissaient sous son surnom de Jock, plutôt que par le prénom Granville.

M. Graham avait été membre du Royal Air Force et il avait été basé à Gimli à la fin des années 1950 et au début des années 1960.

Deux photos d'un ancien pilote militaire vers la fin des années 1950.

Granville W. (Jock) Graham photographié pendant sa période d’entraînement à Gimli. Ces photos ont été envoyées à Randy Gerylo par la Royal British Legion Scotland.

Photo : Soumise par Randy Gerylo

Selon le journal Ayrshire Post, Elliot Thomson a retrouvé la veuve de Granville W. (Jock) Graham, Margaret qui ignorait que son défunt mari avait perdu son bracelet d’identité au Canada.

Randy Gerylo, qui n’a jamais pu parler à la femme de l’ancien combattant écossais, a envoyé le bracelet par la poste à la famille.

Deux semaines plus tard, le paquet est arrivé entre les mains de la veuve de M. Graham.

C’était un moment passionnant, assure M. Gerylo.

Des retrouvailles pleines d’émotions

L’agent du patrimoine de la 17e Escadre de la base des Forces canadiennes à Winnipeg, Gord Crossley a souvent envoyé des médailles à des familles de militaires. Pour lui, c’est toujours une grande affaire.

Pas seulement sur le plan sentimental, explique-t-il, mais en raison de l’effort nécessaire pour retrouver des parents. Les médias sociaux et les bases de données en ligne ont grandement amélioré ce processus, ajoute M. Crossley.

Le directeur de la Société historique de l’aviation canadienne, Bill Zuk a comparé le bracelet aux plaques d’identités militaires que les soldats portent autour du cou.

Dans certains cas, c’était la seule façon d’identifier les morts de la guerre. Elles étaient donc très importantes, mentionne-t-il.

M. Zuk, qui vient d’une famille de sept anciens combattants, dit pouvoir imaginer le sentiment poignant qu’a dû ressentir la veuve de M. Graham.

Le fait qu’un fragment de son passé et de sa vie avec son mari lui revienne, c’est un moment très émouvant.

Selon Bill Zuk et Gord Crossley, le bracelet permet de rappeler une histoire oubliée, mais importante à Gimli.

Nous formions des pilotes français, britanniques et autres ici au Canada, rappelle M. Crossley.

Pour Randy Gerylo, cette expérience a renforcé sa passion pour la détection des métaux.

On ne sait jamais quelle sera la prochaine découverte, dit-il.

Randy Gerylo armé de son détecteur de métal et sondant le sol d'un parc.

Selon Randy Gerylo, la détection de métaux « n’est pas un passe-temps pour trouver des trésors, vous ne devenez pas riche ».

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Son seul regret est de ne pas avoir localisé le bracelet quelques années plus tôt pour le remettre en mains propres à Granville W. Jock Graham.

Peut-être que j’aurais pu connaître toute l’histoire derrière ce bracelet , dit-il.



Reference-ici.radio-canada.ca

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